Sélectionner une page

2.10. Flash-Back 

2.10.1. La découverte du médecin

Le jeune Bernard dans une jeep militaire, ils sont en route. Ils s’arrêtent parce qu’il y a une autre jeep et un camion devant eux. Ils découvrent le corps du médecin, on entend la voix de Bernard d’aujourd’hui décrivant la scène.

C’est ainsi qu’ils découvrent le cadavre du médecin mais quand le spectateur voit Bernard dans une jeep il peut croire que la permission a terminé et il rentre au poste et tout à coup, par hasard ils tombent sur le corps du médecin. Avec cette fausse bonne idée l’attention du spectateur a été détournée d’une scène beaucoup plus importante, quand ils retournent de leur permission d’Oran et ils découvrent leurs camarades massacrés. En plus dans le roman ils cherchaient le médecin, ce n’était pas par hasard qu’ils l’ont retrouvé.

Dans le livre ils retrouvent une photo épinglée sur le cadavre, une photo du médecin en train d’être torturé, au-dessous un message : « Soldats Français, vos familles pensent à vous, retournez chez vous. » Dans le film par contre on retrouve un message similaire sur une feuille de papier écrit avec le sang du médecin sans doute, mais l’image est ratée, cela ressemble plutôt à un papier avec des taches de gras dans lequel le casse-croûte d’un écolier a été emballé et que ce même écolier aurait écrit quelque chose sur la feuille avec de l’encre rouge en faisant quelques grosses taches d’encre. Le texte du message est différent, il ne dit pas de retourner mais de rester, ce qui n’a pas de sens puisqu’ils sont déjà en Algérie, il aurait fallu écrire « retournez ». En plus c’est très difficile à distinguer s’il est écrit « restez » ou « rentrez » mais puisqu’il n’y a qu’une seule tache entre la lettre t et z on croit que c’est « restez ».

Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – le message

La voix de Bernard dit que le soleil ne brûlait pas encore le corps, mais le cadavre est étendu dans l’ombre.

Ici la voix de Bernard d’aujourd’hui dit qu’ils ont retrouvé une photo dans sa poche. Sur la photo il vivait encore, il était suspendu, on lui avait tranché la chair etc.

Ils rentrent avec le cadavre au poste. Châtel demande au soldat qui a tué le garçon dans le village où ils l’ont trouvé, et il répond en précisant le lieu disant qu’ils voulaient qu’on le retrouve.

Après avoir déposé le cadavre dans la tente médicalisée au poste, Février dit en sortant : « C’est pas des hommes qui font un truc pareil, c’est des chiens. »

Selon l’histoire du film Février est très mal placé pour juger les autres puisqu’il voulait violer ou même il a violé la fille dans le village. Ce ne sont pas les chiens qui font un truc pareil ?

Le moustachu dit : « Putains de chiens d’Arabes. »

Le harki barbu le regarde brusquement et après il regarde Idir qui baisse ses yeux. Bernard lui dit de ne pas prendre pour soi, ils sont en colère. Idir répond qu’il ne prend pas pour soi, il n’est pas Arabe, il est Kabyle.

Les Kabyles étaient la population du nord de l’Afrique avant l’arrivée des Arabes.

2.10.2. Cantine

Bernard et ses camarades autour des tables, Bernard devant le comptoir. Silence total. Bernard boit quelque chose et en demande un deuxième mais on ne voit pas bien ce que c’est.

Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – Bernard boit de l’alcool pour la première fois de sa vie

C’est la première fois que Bernard bois de l’alcool mais on ne voit pas, on ne peut que supposer qu’il fait comme dans le livre et il boit de la bière. Il aurait fallu une chope pour mieux distinguer de la bouteille de jus de fruit. Ils sont rares les spectateurs qui savent quelle sorte de bouteille de bière a été utilisée en Algérie dans les années 60.

La première fois qu’on a vu les garçons à la cantine, ils riaient, ils rigolaient, ils se taquinaient. Maintenant ils sont abattus, en silence. La différence est très bien marquée entre les deux scènes.

Bernard regarde les harkis de loin. Le barbu est en train d’expliquer quelque chose avec véhémence.

2.10.3. La vengeance pour le médecin

La voix de Bernard d’aujourd’hui dit que cette nuit-là des renforts sont arrivés, on les voit embarquer dans des camions. « Ils voulaient venger le médecin. »

On voit de loin brûler quelque chose dans les montagnes et on entend la voix de Bernard d’aujourd’hui dire qu’il pensait à cette nuit de 44 quand les vieux les ont emmenés dans le bois parce qu’une division de SS remontait en Normandie et qu’ils avaient brûlé des villages en chemin. Bernard pensait que s’il était d’ici, lui aussi il faisait la guerre.

Dans le livre le mot Allemand apparaît quatre fois, le nazi pas une seule fois mais effectivement ce sont les pensées de Bernard, en revanche il fait cette réflexion à Oran quand il se promène tout seul au bord de la mer.

On voit le jeune Bernard et Châtel prier ensemble sous la tente, Février entre et s’installe en face d’eux en les regardant tour à tour pendant un temps, il ricane et sort sans dire un mot.

Dans le livre Bernard et Châtel prient ensemble quand le médecin a disparu avant de le retrouver mort et Février se querelle avec eux en leur reprochant qu’ils imaginent que les prières peuvent aider le médecin.

Bernard d’aujourd’hui, il pense : « je ne t’ai raconté pas, Solange, je ne te raconterai pas. »