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2.19. De retour au poste

Le convoi dans les montagnes, jour. Février et Bernard assis côte à côte. Février regard Bernard qui ne réagit pas.

Incohérence, dans le livre c’est l’envers, c’est Février qui ne parle pas à Bernard.

La grille est entrouverte, le convoi arrive, il s’arrête loin.

Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – la porte est entrouverte

Dans le livre nous trouvons une autre scène : sur la route qui mène au poste, les poteaux télégraphiques avaient été arrachés et posés en travers sur la route, ils devaient s’arrêter tout le temps qui leur agaçait mais il leur donnait également un mauvais pressentiment.

La voix de Février parle, il dit qu’à ce moment ils savaient déjà et que tout le monde pensait que c’est arrivé à cause d’eux parce qu’ils étaient en retard et d’une certaine manière ils ont fait le travail pour les fells parce qu’ils disaient que c’était leurs conneries.

Pourquoi Février dit ça ? Ici il ne sait pas encore ce qui est arrivé à ses camarades. On a l’impression que l’acteur a lu le scénario, c’est pour ça qu’il est si bien informé et il est si gentil qu’il partage ces informations avec le public en nous racontant ce qui va se passer.

La voix de Bernard d’aujourd’hui dit que ce n’était pas la peine parce qu’ils savaient que si le convoi était arrivé avant la nuit tout ça ne serait pas arrivé. « Les fells n’auraient jamais attaqué si nous étions là. Mais on est resté en ville et ils l’avaient su. »

Pendant ce temps on voit les garçons arriver au poste arme à la main, Bernard en avant, il renforce la porte de fer de la tour d’un coup de pied. La voix de Bernard d’aujourd’hui dit que la porte a été ouverte avec la clé. Quelqu’un a été obligé. Les garçons montent l’escalier.

Bernard monte et on découvre un de leurs camarades mort, baigné dans son sang. Il est en tricot et en pantalon, il ne porte ni chemisier, ni chaussures.

Pourquoi ? Dans le livre il n’est pas mentionné s’il était vêtu ou pas. Quel message le réalisateur voulait nous faire parvenir ? Les fells ont pris les vêtements des soldats ?

On voit Bernard, Idir et Février découvrir le cadavre, le Bernard d’aujourd’hui dit qu’ils pensaient tout de suite à Abdelmalik parce qu’il n’était pas allongé avec les autres.

Dans le livre ils pensent plus tard à lui. Pourquoi ne pas laisser le temps aux spectateurs de « digérer » ce qu’ils ont vu et laisser les réfléchir, chercher comment ça s’est produit ?

Ils entrent dans la tente où ils découvrent quatre cadavres, dont deux allongés dans leur lit, un dans la porte, le dernier assis sur une chaise. On voit la même image de Châtel, allongé mort qu’on a vue quand Bernard et lui avaient une discussion sur la foi et les prières.

Après, on voit trois autres cadavres les mains attelées, à genoux devant un banc. Le Bernard d’aujourd’hui dit qu’ils avaient fait ça avec des armes blanches et après ils étaient repartis avec les armes.

On voit les garçons s’approcher de la petite maison de l’ingénieur. Ils s’arrêtent, on entend la voix du lieutenant en donnant des ordres que Bernard et Février entrent. Février est en larmes mais le lieutenant l’oblige d’y entrer en disant : « Février, c’est un ordre. »

Ils entrent mais Février recule et sort, Bernard reste dans le seuil de la porte et regarde vers l’intérieur de la maison.

Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – Bernard et Février découvrent l’intérieur de la maison de l’ingénieur

On voit d’abord le visage de Bernard jeune, après le visage de Bernard d’aujourd’hui ; la lumière du feu de cheminée se reflète sur son visage, et la voix de Bernard d’aujourd’hui dit : « Des hommes, des hommes avaient fait ça. »

Nous ne voyons pas l’intérieur de la maison, nous ne savons pas ce qui a pu leur choquer à ce point.

2.20. Les conséquences

Février avec Rabut sept ou huit ans après la guerre. Il dit : « on peut dire que c’est la faute de Bernard, de la tienne, de la mienne, moi, je dis que c’est surtout la faute de ceux qu’ils l’ont fait. Combien de fois je me suis dit que j’aurais dû vous séparer… Parce que si on était rentré à l’heure… cela aurait changé les choses, je ne sais pas. »

Et après il pense que si, il le sait, tout le monde le sait. « Pas la peine de nous répéter. »

Apparemment Février est harcelé par les remords et il cherche des excuses, il cherche à se faire pardonner et se pardonner.

Le Bernard d’aujourd’hui : « Pas la peine de nous juger non plus. Nous sommes chargés à perpétuité. »

Bernard est prêt à voir la vérité en face.