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3. De retour dans le présent

3.1. Après la guerre

Le Bernard d’aujourd’hui dit qu’Idir et toute sa famille a été exécuté après la guerre, on l’a abandonné avec les autres. (Mais il ne précise pas qui les a tués.)

On entend la voix de Rabut d’aujourd’hui : « c’était des ordres ».

Le Bernard d’aujourd’hui : « J’ai vu ceux qui essayaient de monter dans le camion. »

La voix de Rabut d’aujourd’hui : « c’était des ordres. »

Bernard : « J’ai vu leurs yeux, j’ai entendu leur cri et j’ai frappé sur leurs mains à coups de crosse. Toi aussi, tu les as vus. »

On voit Rabut allongé dans son lit dans le noir. On entend sa voix : « c’était des ordres. »

Bernard d’aujourd’hui : « j’ai vu leur rage, leur désespoir. »

La voix de Rabut : « c’était des ordres. »

Bernard : « j’ai vu un capitaine pleurer en laissant ses hommes derrière lui. Il savait ce qui va leur arriver et moi aussi et toi aussi, Rabut. On savait tous et on a laissé faire. »

Rabut : « nous avons cru qu’on ne les abandonnerait jamais, que nous étions frères d’armes. »

Ce dialogue est vraiment très intéressant, il reflète bien le fait que Bernard a le courage de regarder la vérité en face tandis que Rabut ne fait que s’enfuir de cette même vérité et il se disculpe tout le temps depuis des décennies. Ce dialogue n’existe pas comme tel dans le livre mais l’un des messages du roman est exactement la différence dans la façon de laquelle Bernard et Rabut voient le passé, et surtout le même passé puisqu’ils ont vécu la même chose.

3.2. Réfléxions sur la guerre

Février (sept ou huit ans après la guerre) : « même moi, j’ai fini de croire que ce n’était pas la guerre ce qu’on a fait. Mais ça s’appelle comment si ce n’est pas la guerre. A qui raconter des prisonniers qu’on a collé une balle dans la tête, qu’on a jeté dans la mer des hélicos ? À qui raconter tout ça ? À la femme qu’on aime, à sa mère ? »

On voit le Rabut d’après-guerre et on entend la voix de celui d’aujourd’hui : « on a trouvé qu’on avait changé. »

Rabut : « on a dit qu’on était devenu des hommes et qu’il était temps que cela finisse parce qu’il manquait de bras à la ferme. Mais ils ne nous écoutaient pas. »

Février : « Même pas les copains, ils disaient qu’ils ont tourné la page et la vie continuait. Tu trouves que la vie continue, toi ? demande à Rabut. »

Ce passage serait très important, parce qu’ils parlent des éventuels délits commis par la France et les Français pendant la guerre mais ils marmonnent en style télégraphique pour que le spectateur ne comprenne rien et ils énumèrent en voix monotone des événements, des actions dont le spectateur peut être même pas au courant. Même s’il a reçu une éducation française. Chaque guerre est cruelle, mais si l’un ou l’autre commet des crimes, des délits il faut chercher les véritables responsables et présenter l’histoire aux spectateurs d’une façon compréhensible en ce qui concerne la prononciation et la dramaturgie.

3.3. Le retour de l’Algérie

Des images documentaires d’Algérie, les gens dans les rues célébrant l’indépendance. La voix de Rabut parle de la fin de la guerre et de la joie des Algériens, les drapeaux algériens sortaient de partout.

La voix de Bernard d’aujourd’hui parle du fracas des meubles, cassés à la hache pour ne rien laisser. Les voitures retournées, jetées de la falaise, le pleur des enfants. En même temps on voit des images avec des meubles en flammes, des voitures brûlées, des femmes en pleurs.

Le père de Mireille hurle avec sa fille, il dit que ceux qui partent, ce sont des traitres.

Dans le roman on retrouve ces mêmes propos mais nous ne savons pas ce qui a inspiré l’auteur dans la figure du père de Mireille. Pourquoi il considère comme traitres ceux qui décident de partir, la France a travaillé beaucoup pour que les Pieds-Noirs puissent quitter l’Algérie, la France les a invités de rentrer au Métropole. Nous savons de l’Histoire qu’il y avait certains commandants qui voulaient établir un régime plus sévère que la démocratie. Est-ce que le père de Mireille appartenait au cercle d’intérêt de ces généraux qui voulaient faire une dictature ou c’est tout simplement une opposition père fille ?

Autre image : Mireille avec une paire de lunettes de soleil aux yeux, sa joue est bleue, elle dit à Rabut que son père est devenu fou, il a trouvé les lettres de Bernard et il a compris que sa fille allait partir.

Rabut pense qu’une gifle ne fait pas un hématome pareil et qu’il savait que Mireille ne disait pas tout.

Mireille dit qu’elle ne pouvait même pas écrire à Bernard pour lui expliquer. « C’est seulement après que tu m’as raconté. »

On voit le père de Mireille dans le patio de leur maison, on entend un chant arabe et la voix de Février : « on est partie, on a tout laissé, tous nos biens, tous nos souvenirs, nos cimetières, nos morts. » Des images archives montrant les Français, les Pieds-Noirs avec leurs bagages, tristes, abattus, en pleurs.

Nous ne comprenons pas pourquoi c’est Février qui dit ça, il n’a rien à voir avec les Pieds-Noirs, c’est leur histoire, pas la sienne. C’est l’histoire de Mireille, c’est elle qui aurait pu dire ça mais comme elle ne fait pas partie de ceux qui remémorent le passé, le réalisateur a trouvé que c’est à Février de parler des sentiments des Pieds-Noirs en quittant l’Algérie.

La voix de Bernard d’aujourd’hui : « Le chaos, la haine, les attentats, des corps éclatés, des cris, des larmes, des fous furieux de l’OAS qui traînaient dans les rues pour liquider les Européens qui voulaient partir, les Pieds-Noirs enlevés, disparus à tout jamais. »

Parallèlement à ça on voit des images archives des attentats, des gens qui battent les Européens, les morts gisant sur les rues, etc.

La voix de Février : « puis on est rentré, on a ramené des cadeaux. Les autres n’ont pas posé des questions, on a dit que ce n’était pas Verdun et on a rigolé comme si on pouvait l’oublier et tourner la page et on se remet au travail. »

Des images archives nous sont montrées sur des soldats qui embarquent sur un navire qui départ, qui prend la mer et après des soldats en débarquant d’un navire à un port.

Février d’après-guerre, il parle des réunions d’anciens combattants, du monument, qu’ils ont chanté la Marseillaise, et de la nuit où on marchait dans le bois en parlant à son chien.

FADE OUT