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III. Conclusion

1. La structure de l’histoire et sa présentation

La chronologie de la narration ne suit pas la structure du livre. Les deux œuvres sont caractérisées par les innombrables flash-backs dont nous allons parler un peu plus tard.

L’apparition des souvenirs et la présentation de l’histoire dans le film diffèrent de la méthode utilisée par le roman. Nous n’allons pas comparer les différences, nous allons plutôt nous intéresser à la structure de l’histoire même, c’est-à-dire à la chronologie des événements parce que nous avons estimé bon de chercher parmi les milliers de flash-back dans quel ordre les événements se sont déroulés. Pourquoi ? Parce que les personnages ont vécu l’histoire dans l’ordre chronologique et il nous semblait indispensable de suivre cette chronologie pour connaître la relation cause-conséquence.

Nous n’allons pas analyser l’histoire en intégralité, nous allons seulement décortiquer le déroulement du conflit.

1.1. Les antécédents

Le jeune Bernard et son cousin sont appelés à la guerre de l’Algérie, ils ne sont pas en bons termes, mais ils se supportent mutuellement. Bernard qui n’est pas très aimé et accepté dans sa famille avait gagné à la loterie mais sa mère lui a volé l’argent ce que Bernard ne peut pas pardonner. Quand il rencontre Mireille, une fille riche à Oran, il la considère comme une récompense (du point de vue financier pas sentimental).

1.2. Le conflit

Le conflit d’Abdelmalik

Le conflit de Bernard

Quelques-uns des camarades de Bernard passent leur permission à Oran, tandis que Bernard reste au poste. Quand ils reviennent…

…ils emmènent le médecin qui va leur ausculter.

…ils apportent le courrier et la fameuse lettre de Mireille dans laquelle elle décrit Rabut comme adorable.

Le médecin va être enlevé, les deux gendarmes qui l’ont accompagné, tués.

Bernard est agacé par ce mot et une jalousie naît dans son esprit contre Rabut et un doute contre Mireille.

Deux sections arrivent au poste, Rabut avec eux, pour chercher le médecin. Ils ne le retrouvent pas, la tension monte et Bernard ne parle pas avec Rabut de Mireille. Les deux sections repartent, Rabut avec eux.

Le corps du médecin a été retrouvé, il a été torturé jusqu’à mort, un des soldats, choqué dit des injures sur les Arabes. Les harkis se sentent repoussés, écartés de la camaraderie.

Abdelmalik se sent déçu, il a l’impression de trahir les siens en servant sous les drapeaux français.

Bernard est rongé par la jalousie et touché par la mort du médecin.

La permission de plusieurs jours à Oran.

Abdelmalik passe dans le camp des fells.

Bernard et Rabut se bagarrent une part à cause de Mireille, d’autre part à cause du médecin.

Leurs camarades qui sont restés au poste ont été massacrés par les fells avec l’aide d’Abdelmalik.

1.3. Les conséquences

Bernard, Rabut et Février sont incapables de continuer leur vie normalement, ils sont brisés pour toujours.

Pour présenter cette histoire, le livre et le film utilisent beaucoup de flash-back, même trop, parfois on a l’impression d’être devant un puzzle qu’on doit reconstituer pièce par pièce.

Pourquoi est-ce que le réalisateur a changé et mélangé les scènes ? Pourquoi il a décidé d’unir les deux scènes où les soldats fouillent deux villages différents ? Pourquoi il nous montre tout à coup des images qui n’ont rien à voir avec les images précédentes, par exemple quand Mireille et Bernard dansent à Oran pendant que le Bernard d’aujourd’hui est en train d’être mis dehors de la salle des fêtes ? Dans une histoire pareille pleine de drame, de mauvais souvenirs, personne n’attend une narration chronologique mais plutôt une narration qui possède un fil conducteur de pensées. Le roman ne nous aide non plus à comprendre l’histoire mais le film mélange encore mieux les événements ce qui rend presque incompréhensible l’histoire.

2. Les flash-back

Voici la définition de flash-back par Wikipédia :

« Au cinéma et à la télévision, le flash-back ou retour en arrière est un procédé d’écriture de scénario (technique narrative) qui, au sein de la continuité narrative, introduit une action (sous la forme d’un plan, d’une séquence, ou d’une scène) qui s’est déroulée chronologiquement avant l’action en cours.

Ce procédé est parfois utilisé pour apporter au spectateur des éléments nécessaires à la compréhension du comportement des personnages. Il peut également être utilisé à des fins poétiques, humoristiques, etc. Il peut aussi constituer l’essentiel du récit ; ce sont alors les actions du présent chronologique qui servent à mieux comprendre celles du passé. »

Donc si vous avez vu le film ou lire le chapitre « Le film scène par scène » de notre analyse, vous pouvez constater que le réalisateur ne nous prive pas de cet outil cinématographique mais en ce qui concerne le but de cet outil : apporter des éléments à la compréhension… Eh bien, les scènes de passé sont là, parsemées dans l’histoire mais en regardant le film, nous avions l’impression que le logiciel de montage s’est déchaîné et il a pris une vendetta sur la production.

Mais comment présenter ce regard en arrière, ce voyage dans le temps si chargé et tragique ?

Nous proposons ici deux éventuelles solutions.

2.1. La version douce

La remémoration pourrait se démarrer par la première lettre que Bernard a écrite à Solange sur le navire qui était si grand qu’il aurait pu transporter tout le village.

On pourrait d’abord prendre connaissance de la situation de base, des personnages et on pourrait s’avancer, pas forcément chronologiquement, vers le dénouement. Rabut en écartant sans cesse la responsabilité, puisqu’il était à Oran, il n’a été transféré au poste qu’une seule fois, il ne connaissait pas les harkis non plus, il est très vite retourné à Oran. Par contre Bernard regarde le passé en se mortifiant, il n’épargne personne de la vérité, en cherchant à se confronter en premier lieu avec soi-même.

Solange sent que Bernard lui a caché quelque chose, quelque chose qui le perturbe depuis la guerre et qui a surgi tout à coup pour une raison ou pour une autre. Alors elle décide de se rendre chez son frère plus tôt que les autres. Il lui ouvre la porte, il la laisse entrer et ils parlent.

Rabut n’y va pas, il s’est décidé à ne pas y aller, il a déjà clos le passé.

Avec cette version on commence par les souvenirs moins douloureux, le contenu des lettres de Bernard décrit ses quotidiens comme si rien ne se passait. Mais peu à peu on voit les scènes plus tragiques, comment s’est réellement passée leur vie dans la guerre. Donc la tension monte en s’approchant du dénouement.

2.2. La version troublante

Bernard pense qu’ils sont des assassins, même si ce n’était pas par leurs mains que leurs frères d’armes sont morts mais il y a quand même du sang sur leurs mains, ils sont coupables. Rabut cherche à se disculper, il veut chasser les mauvais souvenirs, il ne veut pas s’en souvenir, il ne veut revoir que les bons moments, il n’était pas l’instigateur d’aucun mal. Et après, commence la remémoration, Bernard force à se confronter aux mauvais souvenirs, Rabut est aussi obligé de faire face à la vérité. Solange lit les lettres, en cherchant la vérité, elle sent qu’il s’est passé plus de choses de ce que Bernard lui a raconté et elle décide d’aller chez Bernard de bonne heure pour pouvoir parler tranquillement avec lui. Et Bernard se confesse devant Solange comme un enfant devant sa mère, il épanche sa douleur et il peut se débarrasser de ses souvenirs. Ainsi cette phrase de Rabut qu’il ne peut supporter Bernard à cause des fantômes avec qui il se promène aurait du sens.

Le début de cette version est très fort, le remords de Bernard ouvre la remémoration du passé, la tension est constante parce que les souvenirs sont présentés du point de vue de Bernard. Et le dénouement offre une véritable catharsis parce que les protagonistes ne sont pas seuls, Bernard dit tout à Solange, il doit la confronter et voir ses réactions, voir si elle peut le pardonner ou pas. Mais dans les deux cas, Rabut resterait exclu de l’engagement de la responsabilité, parce qu’il ne fait que chercher des excuses.

Il y a plusieurs façons de conduire le spectateur à travers une histoire mais il ne faut pas se perdre, il faut avoir de la logique dans la continuité narrative.

Par exemple le jeune Bernard en quittant la famille d’Idir à Oran pense à comment ils ont découvert le corps du médecin. C’est un flash-back dans le flash-back. Ce n’est pas grave mais pourquoi ici ? Quel rapport ? Est-ce que le réalisateur avait l’intention d’approcher cet événement de la bagarre des garçons comme cause-conséquence ? Mais le spectateur ne peut pas suivre la chronologie, quand on voit le jeune Bernard dans la jeep militaire, on croit qu’il est de retour de sa permission, on ne sait pas qu’on est en train de voir un événement du passé. D’autant plus que Bernard en quittant Idir pense qu’il ne va pas parler de cette visite aux copains.

On ne sait non plus quand Rabut était au poste. Avant ou après la découverte du cadavre du médecin ?

Il aurait fallu trouver une continuité narrative sans ambiguïté.

3. La mise en image

Le format choisi pour ce film est de 2,35:1 ce qui fait que nous avons un cadre large dont l’avantage est de disposer d’une surface considérable mais qui a également quelques inconvénients notamment dans la mise en image des personnages. Il se peut que parfois quelque chose reste en dehors du cadre.

Il s’est passé exactement cela dans ce film aussi : on ne voit pas la broche épinglée sur la robe de Solange, on ne voit pas sa main quand elle veut la rendre à Bernard, on ne peut que supposer que c’est la petite boîte qu’elle tend vers son frère. On ne voit non plus que le grand-père d’Idir n’a qu’un seul bras (il l’a perdu à Verdun), on le voit une seule fois quand Bernard et lui se serrent la main dans le seuil de la porte. Et on ne voit non plus quand le militaire tue le garçon mais ce n’est pas à cause du cadre, c’est à cause de la composition. Sans doute le réalisateur voulait éviter le choc.

L’autre problème avec la mise en image est le choix de la caméra et son objectif qui déforme tout en coussinet ou en barillet en courbant les lignes droites. Soit c’est l’objectif qui est défectueux soit la distance focale a été mal calculée.

Voici quelques exemples :

Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – une composition
Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – effet barillet
Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – effet coussinet

C’est très étonnant de voir ces deux distorsions dans un film qui a été sélectionné en compétition officielle à Cannes.

4. Le changement des personnages durant l’histoire

Chaque personne évolue pendant sa vie, son caractère change par rapport à ce qui lui arrive et comment il réagit aux événements de sa vie.

Dans ce film c’est le changement de Bernard qui est le mieux représenté, raconté en images. Nous voyons en Algérie un garçon silencieux, croyant qui aime prier et qui ne partage pas la grossièreté et la brutalité des autres ni en fouillant les villages, ni dans la cantine.

On voit Bernard prier et boire du jus de fruit, plus tard, après la découverte du médecin, on le voit boire quelque chose qui n’est pas de jus de fruit, probablement de la bière, ça ne se voit pas très bien. Après, quand il quitte l’hôtel le matin de son dernier jour à Oran, il laisse son messier et son chapelet sur sa table de nuit.

À part Bernard, nous ne voyons pas vraiment le changement des autres personnages.

Février, par exemple, nous ne le connaissons pas avant la guerre, seulement en Algérie et sept ou huit ans après la guerre. De toute façon, il n’était pas très bavard avant le massacre de ses camarades et il l’est encore moins après la guerre.

En ce qui concerne Rabut, il regarde en Algérie, à Oran, au poste, au tribunal, à la fête de Solange, et le matin où il décide de ne pas aller chez Bernard. Et c’est tout.

Du point de vue de l’histoire il aurait été peut-être préférable de présenter également le changement d’Abdelmalik non pas seulement de loin (littéralement) mais connaître mieux le processus de sa décision, et non seulement ses conséquences tragiques.

5. Les décors

Les décors jouent toujours une sorte de second rôle dans un film mais il ne faut pas oublier son importance parce qu’elle raconte le milieu et en quelque sorte le passé des personnages.

Par exemple la maison de Bernard avec le mur raccommodé, les meubles presque en morceau et tout ça dans une maison délabrée.

La pauvreté et la misère sont présentes autour de Bernard sans prononcer un seul mot.

Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – la maison de Bernard

Et c’est le même avec Solange, sa cuisine est fantastique. Elle est complètement démodée, des années 50-60 à-peu-près, la crédence, l’évier, la cuisinière, tous les meubles reflètent la situation financière de Solange. Mais également la propreté est très présente, tout est rangé, propre, à sa place. Solange est veuve, elle a élevé seule ses deux enfants, et elle a travaillé dans la cantine du collège. Mais malheureusement toutes ces informations n’étaient pas racontées dans un dialogue. On voit l’environnement de Solange mais nous ne comprenons pas sa signification.

Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – la cuisine de Solange

Dommage, parce que les décors sont vraiment très réussis.

6. Les dialogues

Dû au style du livre il y a beaucoup de dialogues écrits par le scénariste (qui était le réalisateur d’ailleurs). Parfois ces dialogues reflètent la description du roman comme le dialogue entre le médecin et Février, ce qu’il dit à Bernard pour arrêter de frapper Rabut. Mais parfois ils contiennent des informations qui ne figurent pas dans le livre, par exemple quand Solange dit qu’elle va rendre la broche au bijoutier et partager l’argent parce qu’il s’agit de l’argent volé.

Pourquoi ce changement ?

7. Les acteurs et la langue française

Comment les acteurs articulent les mots ? En un mot : affreusement.

Ils n’ont pas de problème de prononciation, accent par exemple, excepté un léger accent belge de la part de Yoann Zimmer mais le problème n’est pas là.

Tout le monde chuchote, grommelle, murmure.

Ce n’est pas la prononciation, c’est l’articulation qui est problématique. Depuis quelques décennies un étrange phénomène conquiert le film et la télévision français. Nous avons vu beaucoup de films français, pas tous, bien entendu mais assez pour constater que c’était dans les années 70 que ce phénomène est apparu. La série télévisée « Les brigades du Tigre » est un « bon » exemple. Les acteurs ont beaucoup souffert dans cette série, ils apprenaient pendant des années comment bien articuler et on leur a imposé de bredouiller.

Bien sûr, personne n’attendre des comédiens d’aujourd’hui de parler comme Sacha Guitry mais il ne faut pas imiter Jean Gabin non plus.

Pour parler correctement il faut ouvrir la bouche tout d’abord et après suivre les règles phonétiques de la langue en laquelle on veut parler.

8. L’interprétation des acteurs

Comme nous avons déjà écrit dans notre première analyse, nous avions l’impression que les acteurs manquaient d’espace pour jouer, et ils semblaient être seuls.

Dans une histoire pareille : drame familial nous aurions aimé voir « jouer » les liens familiaux mais d’une part la composition était assez « serrée » avec beaucoup de gros plan et très gros plan, d’autre part les acteurs devaient regarder beaucoup vers la caméra ou devant soi et ils ne pouvaient pas créer des liens entre les personnages.

Par exemple dans la scène où Rabut et Février discutent sept ou huit ans après la guerre, on voit tantôt Février, tantôt Rabut mais on ne voit pas les deux à la fois. Il aurait fallu mettre les deux personnages dans le cadre. Il s’est passé la même chose avec la scène où Bernard et Châtel ont une discussion sur la foi, on n’a pas l’impression d’assister à une conversation, on voit Châtel regarder vers le haut, Bernard regarder vers le bas et c’est tout. Sans parler de la scène de la bagarre. Il n’y a pas une seule composition qui montrerait les deux cousins à la fois, donc c’est grâce à notre imagination que nous savons que ce sont eux qui se battent.

Les figurants, notamment dans les scènes de la fête de Solange et la bagarre à Oran, ont été déplacés en groupe ce qui ne paraissait pas naturel.

Donc les acteurs manquaient d’espace et ils étaient parfois fixés dans le cadre et c’est dommage parce qu’il y a du potentiel dans ce casting, ils auraient été capables de faire mieux.

9. Les réponses

Nous avons posé deux questions dans notre introduction : la première : est-ce que le film respecte la narration et les idées du roman, et la deuxième : est-ce que le film est capable d’exister indépendamment du roman ou il est incompréhensible pour ceux qui n’ont pas lu le livre ? Voici nos réponses.

Oui, on peut affirmer que le film suit assez fidèlement l’histoire du roman, ses idées, les personnages et les lieux. Parfois on retrouve des idées qui ne figurent pas dans le livre mais en grande partie il s’agit d’une adaptation fidèle qui respecte l’œuvre dont elle est issue.

Parfois les scènes sont modifiées et mélangées ce qui change la chronologie et les personnages mais la plus grande modification était d’introduire Bernard et Solange dans le processus de remémoration du passé.

Dans le film ils en font partie, on les voit dans la nuit : Solange lit les lettres que son frère lui avait écrites, Bernard raconte plusieurs fois les événements de son point de vue. C’était une très bonne idée parce que de cette façon on voit le passé de plusieurs points de vue et non seulement du point de vue de Rabut. Parce que dans le livre c’est Rabut qui remémore le passé et il imagine ce que Solange fait (elle ne peut pas dormir, elle met sa robe de chambre), et il imagine Bernard, soit en dormant ivre mort, soit en les attendant avec fusil à la main mais en réalité le lecteur ne saura jamais ce qu’ils ont fait pendant la nuit où Rabut revoit l’Algérie.

Avec cette méthode la narration est devenue plus riche et plus personnelle, donc plus intéressante.

En ce qui concerne l’indépendance du film, c’est-à-dire, est-ce qu’il peut exister sans le livre. C’est non, il manque des informations pour tout comprendre ce qu’on peut retrouver dans le livre mais c’est très rare que les spectateurs arrivent dans la salle de cinéma avec un livre à la main.

Il faut savoir regarder un film par l’œil du spectateur. Tout le monde de la grande famille cinématographique commence par être un « simple » spectateur, personne ne vient au monde avec plusieurs licences et masters audiovisuels sous le bras et des dizaines d’années d’expérience dans le cerveau. Même après les avoir acquis, il faut toujours garder cet œil de spectateur, sans ça le film pourrait ne pas « parler » aux spectateurs.

IV. Conclusion après conclusion

Nous allons conclure cette interminable analyse avec quelques réflexions.

On a dit que ce n’était pas un film historique, et c’est vrai, il s’agit plutôt d’un film de drame familial et personnel, la guerre d’Algérie sert d’environnement, n’importe quelle autre guerre aurait pu causer un trauma pareil.

Ni le livre ni le film ne donnent aucune authenticité historique, si quelqu’un s’intéresse à cette époque ou à ces événements, il n’apprendra rien ni du livre, ni du film. C’est pour ça qu’on peut considérer cette histoire plutôt comme un drame personnel et familial qu’un drame historique.

Parmi les différences entre le livre et le film il y en a une dont nous n’avons pas trouvé la signification. Les Français sont systématiquement comparés aux nazis, dans le livre également mais dans le roman le mot « nazi » ne figure pas une seule fois, en revanche on retrouve le mot « Allemand » quatre fois. Pourquoi le réalisateur a pris la décision de changer ce mot ? Quelle était son intention ? Certains spectateurs peuvent se sentir choqués en voyant qu’un réalisateur Belge modifie à ce point les dialogues et les monologues. Le réalisateur n’avait pas peur de se voir dans une situation délicate vis-à-vis du public français ? Il pourrait que quelqu’un l’invite à tourner un film plutôt sur le Congo belge. Le respect réciproque est la base d’un travail commun, surtout quand il s’agit d’une coopération internationale.

On entend plusieurs chants en arabe dans le film. Malheureusement ils ne sont pas sous-titrés, c’est dommage parce que ce serait très intéressant de comprendre ce qu’on chante, quel est le lien entre les paroles et l’image qu’on voit.

Quand on suit une histoire jusqu’à la fin on attend quand même quelques pistes sur l’avenir des personnages. Ni le livre, ni le film ne donnent aucun élément qui pourrait suggérer ce qui va arriver à tous ces gens. C’est dommage, nous connaissons donc leur passé et leur présent mais nous restons sans informations en ce qui concerne les éventuels événements de leur avenir.

Mais le film prend fin ou plus exactement, il est tout simplement interrompu.

Et nous quittons la salle un peu déprimés, sans espoir.

Pourtant il y a tant de possibilités…