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1.2. Bernard chez Patou

On retrouve Bernard assis devant une table en mangeant et parlant la bouche pleine, devant un comptoir une femme le regarde. Il raconte ce qui s’est passé. Même ivre, il est persuadé que « c’était à cause d’eux qu’elle a enlevé la broche, pas à cause de sa robe. Elle est belle, sa robe. »

Après l’altercation et le scandale causés par la broche, Bernard quitte les convives et part sans rien dire. Il ne partage pas ses pensées et ses intentions avec sa famille mais il va chez Patou (Patou est une femme qui dirige un bistrot avec son mari), où il a l’habitude de prendre son déjeuner et là-bas, il devient de plus en plus ivre. Dans le film on ne sait pas qui est cette femme un peu échevelée et quelle est sa relation avec Bernard.

Dans le livre la relation entre Bernard et Patou et son mari est beaucoup mieux expliquée que dans le film. Dans le film on voit Bernard arriver devant chez Patou au début du film, manger là-bas après qu’il a donné son cadeau à Solange et plus tard Rabut et les gendarmes viennent parler tranquillement dans le bistrot. Pendant ces scènes Patou ne parle pas beaucoup, elle essaie de minimiser la faute commise par Bernard mais on ne comprend pas pourquoi.

Dans la scène où Bernard raconte ce qui s’est passé à la fête, Patou ne dit rien à Bernard tandis que dans le livre elle essaie de lui expliquer pourquoi sa famille est devenue si fâchée contre lui. Quand ils avaient pris la décision de chercher une maison de retraite à leur mère, tous les frères et sœurs avaient accepté de payer un peu plus à sa place et aujourd’hui la colère les a envahis en voyant que non seulement il a de l’argent mais il le jette par la fenêtre. Plus tard cette conversation qui n’a pas été reprise dans le scénario sera très importante.

1.3. Le scandale et les injures contre Saïd à la fête

Bernard revient à la salle des fêtes, ivre. Les convives prennent le repas d’anniversaire, ils bavardent, quand ils voient Bernard se mettre au milieu de la salle, tout le monde se tait, silence. Un homme l’invite à s’asseoir mais Bernard ne lui fait pas attention, il parle des morts qui ne sont pas là, il parle de Reine, il réclame sa sœur, il suppose qu’elle est dans la cuisine, « vous n’avez pas honte ? C’est sa fête. »

Une femme, celle qui disputait avec lui, va la chercher.

Solange sort de la cuisine avec Saïd, plateau dans la main. Bernard dit des gros mots à Saïd, il peut être là et moi non ? Solange lui dit de sortir mais il continue à dire des injures, alors Solange essaie de le faire sortir de force et elle demande de l’aide à Rabut.

Une femme lui dit : « tu n’as pas toujours craché aux bougnouls. »

Mais Bernard hurle : « les Pieds-Noirs, ce ne sont pas des Arabes. »

Solange attrape la petite boîte bleu foncé et elle veut la lui rendre mais Bernard ne l’accepte pas. Il commence à casser tout ce qui lui tombe sous la main. Quelques hommes l’attrapent et l’obligent de sortir, ils le poussent, ils le tirent vers la sortie. Rabut non, son corps n’obéit pas.

Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – Bernard est expulsé

La différence entre le film et le livre peut paraître sans importance mais examinons-la de plus près. Dans le film Bernard a déjà vu Saïd en train d’offrir son cadeau à Solange, en revanche dans le livre Saïd bavarde avec quelqu’un un peu à l’écart quand Bernard donne le bijou à Solange et il ne s’en mêle absolument pas. Il se peut que Bernard ne l’ait même pas vu. De cette manière quand il revient ivre en réclamant sa sœur et il se retrouve tout à coup face à face avec Saïd qui, lui, il peut être là, même il a le droit d’aider Solange avec la nourriture, il perd le contrôle et sa colère éclate. De cette manière on retrouve une scène beaucoup plus forte dans le livre que dans le film.

En plus, dans le film on ne sait pas qui est Saïd et ce qu’il fait dans la vie et à la fête. Voici l’explication du livre : il est le collègue de Solange, ils travaillaient ensemble dans la cantine du collège municipal.

1.4. Bernard après la fête

1.4.1. Première partie – flash-back

Et tout à coup nous nous retrouvons à Oran. Plus exactement on ne sait pas où nous sommes et qui sont sur l’écran. On voit un jeune blond en uniforme danser avec une jeune brune, un autre jeune homme les regarde avec un air de jalousie, quand la musique s’arrête, la fille lui demande de mettre un autre disque et elle l’appelle Rabut.

Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – Bernard et Mireille à Oran
Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – Rabut observe le jeune couple

« On avait 20 ans » on entend la voix de Rabut d’aujourd’hui.

Plus tard dans le film et dans le livre on va mentionner qu’ils n’étaient pas majeurs quand ils ont été appelés : entre 1907 et 1974, la majorité a été fixée à 21 ans.

Il met un disque avec une musique plutôt grecque qu’arabe, la jeune brune commence à non pas danser mais tourniquer seule ; nouvelle image : montagnes, une jeep militaire arrive sur la route suivie par un convoi.

Bernard disait que les Pieds-Noirs n’étaient pas des Arabes, alors pourquoi Mireille, une Pied-Noir danse à une musique arabe ? Peut-être pour montrer qu’elle accepte le folklore et la culture de ces terres ?

Dans un des camions on voit le jeune blond assis en uniforme parmi les autres. Un jeune berger, un garçon observe le convoi et les soldats français et après qu’il les voit s’éloigner, il prend la route vers les montagnes. On a l’impression s’il voulait avertir quelqu’un, peut-être même les fells ?

Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – le convoi arrive
Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – le jeune berger part

Ils arrivent au poste, un endroit encadré par du grillage avec quelques tentes militaires et une petite tour à côté du portail.

Dans le livre, Oran n’est mentionné que dans le chapitre trois et nous sommes encore très loin de ça. Nous avions l’impression que le fil conducteur de ce saut dans le temps était le fait qu’une des invités a parlé des Pieds-Noirs et voilà la Pied-Noir à cause de laquelle Bernard hurle avec cette invitée. Mais malheureusement on ne sait pas qui est qui dans ce court voyage dans le temps. Sauf bien sûr Rabut puisque la fille l’appelle par son nom.

1.4.2. Deuxième partie – présent

Le Bernard d’aujourd’hui hurle tout seul au milieu de la forêt dans un carrefour à côté de sa mobylette. Il hurle, il regarde d’un air déterminé.

Dans le livre on va savoir plus tard que l’un des habitants, Rondot l’a vu se diriger sur la route vers chez lui, et il l’a vu s’arrêter, hésiter un peu et prendre la direction des nouvelles maisons.

L’éventuel fil conducteur de la pensée pourrait être la forêt, c’est-à-dire dans le saut de temps on a vu les montagnes en Algérie avec leur végétation, ici on se retrouve dans la forêt avec sa végétation autour de Bernard.