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2. Passé

2.1. Les premiers souvenirs

Le Bernard d’aujourd’hui est assis devant la cheminée, il se lève, se dirige vers une armoire, il en sort un fusil et les cartouches. Il charge le fusil.

Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – Bernard avec le fusil

Dans le livre on ne sait absolument pas ce que font Bernard ou Solange dans la nuit, Rabut imagine Bernard en les attendant avec un fusil mais en vérité on ne sait pas. Le film reprend les pensées de Rabut et monte Bernard avec le fusil.

Le jeune Bernard en Algérie dans la nuit en garde avec un fusil. On tire, il tire par-ci par-là et prie à haute voix.

Nouvelle image : le jeune Rabut avec moustache en civil avec deux petits garçons et un homme blond. Une jeune femme est également présente et le Rabut d’aujourd’hui les regarde de loin.

Dans cette scène un peu surréaliste nous avons deux Rabut et l’un des deux parle avec un blond inconnu. Même après avoir lu et épluché le livre en décortiquant toutes les scènes nous était très difficile de comprendre qui est qui et que font-ils là. Voilà l’explication : sept ou huit ans après la guerre Février a décidé de rendre visite à tous ses anciens camarades, parmi eux Rabut, avec qui il n’était pas très proche parce qu’ils ne servaient pas ensemble mais quelque chose (voir plus tard) les unissait. Alors voilà Rabut, Nicole, les enfants et Février après la guerre.

N’oublions pas, le spectateur n’a vu le jeune Rabut qu’une seule fois, dans le premier saut dans le temps en uniforme au bar et sans moustache ( ! ) et son attention était tourné plutôt vers les jeunes qui dansaient, alors comment veut le réalisateur qu’il le reconnaisse dans de pareilles circonstances ? Et ce n’est que la deuxième fois qu’on voit Février sans que nous sachions de qui il s’agît. La première fois il était assis à côté de Bernard dans le camion militaire lors du premier saut dans le temps mais il ne disait rien.

Dans le livre cette scène avec Rabut, Nicole, Février et les enfants est placée à la fin des souvenirs, quand on sait ce qui s’est passé, quand et qui y ont participé et sert plutôt à décrire à quel point était difficile à Février de se résigner à ce qui s’est passé dans la guerre. Il aurait fallu au moins montrer Février de façon plus visible avec les jeunes Rabut et Bernard pour savoir qui il est, quelle est la nature de la relation qui l’unit aux deux autres protagonistes.

Le soir en tête-à-tête Février raconte à Rabut comment Bernard et Mireille vivent-ils.

La dernière image de la scène est Février et la première image de la scène suivante est également Février assis d’une façon similaire dans une posture similaire ce qui fait que c’est très difficile à distinguer les deux scènes, les différentes chemises qu’il porte et le décor ne suffisent pas.

Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – Février chez Rabut
Illustration du film Des Hommes de Lucas Belvaux – Février chez Bernard

Bernard et Mireille à Paris dans une petite cuisine avec Février. Les époux se disputent, Février les regardent sans un mot.

Ici on entend un dialogue qui a été écrit pour le film, dans le livre c’est Rabut qui nous raconte que Février lui a raconté comment vivaient les époux et comment ils se disputaient, alors il n’y avait pas de dialogue. C’est la première fois qu’on entend que Bernard voulait ouvrir un garage. On apprend également que Mireille a tout perdu et que son père ne lui a pas pardonné.

Pourquoi le réalisateur a mis ces images ici, dans cette partie du film ? Cela fait partie plutôt des conséquences de la guerre et non pas des antécédents de l’histoire. En plus la différence entre les jeunes d’Oran et les époux dans le HLM est si bien marquée que le spectateur peut ne pas trouver le lien entre ces deux époux fâchés et les deux amoureux qui dansaient autrefois en parfaite harmonie. En plus jusqu’alors on ne savait pas que la famille de Mireille était riche, on ne voyait pas la richesse de sa famille et on ne sait pas ce qu’elle a perdu.

Il aurait fallu connaître d’abord leur situation et après apprendre que Mireille a perdu tout ce qui nous a été montré auparavant comme ça, on compatirait à sa douleur.