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16. Episode 5, entre le 23 février et le 2 mars

Stierlitz rend visite au professeur Pleischner une deuxième fois et lors de leur conversation, il lui avoue d’être un agent soviétique. Il lui donne une lettre que son frère a écrite avant de mourir et il lui dit que son frère était un résistant, son camarade. Stierlitz regrette immédiatement d’avoir dit la vérité au professeur, mais le professeur Pleischner dit qu’il est prêt à travailler avec Stierlitz, donc avec Moscou. Il lui avertit qu’il ne peut pas supporter s’il est torturé. Il a déjà été arrêté et mis en camp de concentration, il ne pourrait pas le supporter une deuxième fois.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz chez le professeur

Stierlitz le rassure : « Alors nous allons préparer ensemble la bouillie, et une bonne bouillie. » Le professeur se sent prêt à travailler : « Que dois-je faire ? », demande tout de suite. Stierlitz répond tranquillement : « Rien. Vivre et être prêt à faire le nécessaire. » Le professeur pose une question alors : « Au nom de qui ? » La réponse de Stierlitz : « De l’Allemagne. » Mais le professeur ne comprend pas, il est étonné, Stierlitz répète donc : « De l’Allemagne. Pas du Reich. Il y a quand même une énorme différence entre ces deux notions. » Après une petite réflexion le professeur dit lentement : « Je suis d’accord. » Vous pouvez lire plus en détail de cela dans le chapitre sur le professeur Pleischner en suivant ce lien.

V. L’opération de Stierlitz

17. Episode 6, le 8 mars

Stierlitz arrive chez le pasteur Schlag. D’abord il est très dur avec lui, il veut tout savoir sur sa conversation avec Klaus, Stierlitz révèle que l’homme à qui il a offert un abri et avec qui il a discuté ouvertement est l’un de ses agents et fait peur au pasteur en évoquant que sa sœur et ses neveux peuvent être pendus à cause de lui. Il essaie de lui faire comprendre d’être plus prudent, d’une part, d’autre part il lui promet de sauver ses proches si le pasteur part en Suisse. Vous pouvez lire plus en détail de l’histoire du pasteur dans le chapitre dédié à lui en suivant ce lien.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz explique au pasteur en quoi va consister sa mission

Le pasteur ne comprend toujours pas qu’il a une mission à accomplir mais Stierlitz lui demande qui sont ses relations en Suisse, surtout des politiciens, des hommes d’église qui ont un poids dans le monde. Quand il voit que le pasteur est prêt à collaborer et non seulement sous la contrainte mais il veut vraiment travailler pour la paix, pour les Allemands et pour l’avenir de son pays, il lui explique sa mission : « Vous direz à vos amis qu’Himmler, par intermédiaire d’un de ses hommes, monte une provocation contre l’occident. Vous leur direz que cet homme d’Himmler ne peut pas vouloir la paix. Vous leur démontrerez que c’est un provocateur, sans poids même chez le SS. Vous expliquerez que c’est stupide de négocier avec lui. Vous répéterez que c’est une folie de négocier avec le SS. Vous direz à vos amis qu’il faut négocier avec d’autres. Et vous nommerez des gens sérieux, honnêtes, courageux. »

Donc la mission que Stierlitz confie au pasteur est différente de celle que Schellenberg a imaginée. Selon Schellenberg la tâche du pasteur serait de détourner l’attention de l’opération de Wolff mais Stierlitz utilise le pasteur pour compromettre les négociations de Wolff et pour obtenir des preuves tangibles de ces pourparlers. Stierlitz ne lui dit pas qu’il va travailler pour Moscou, que les télégrammes qu’il va envoyer seront des rapports pour Moscou. Le pasteur va travailler en croyant qu’il travaille pour l’Allemange et qui est envoyé par les gens qui veulent négocier une paix avec l’Occident sans garder le régime nazi.

18. Episode 6, le 10 mars

Stierlitz peut parler par téléphone avec Bormann grâce à un hasard : les téléphonistes ont oublié la clé du standard téléphonique dans la serrure lors d’un bombardement. Ainsi profitant de cette occasion Stierlitz peut appeler directement Bormann et ils fixent un nouveau rendez-vous dans la soirée. Cette fois Bormann vient et Stierlitz peut parler avec lui mais nous ne sommes témoins que du début de leur conversation.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz et Bormann fixent un nouveau rendez-vous

19. Episode 7, le 13 mars

Stierlitz voyage vers la frontière suisse en train pour préparer une fenêtre par laquelle le pasteur va entrer en Suisse clandestinement.

Stierlitz fait une rencontre inattendue dans le train, un général le rejoint dans son compartiment et entre en discussion avec lui. Stierlitz profite de l’occasion pour connaître l’opinion du général sur quelques questions épineuses.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Un général vient causer avec Stierlitz

Leur conversation commence par quelques questions de courtoisie, le général offre du cognac et du salami à Stierlitz mais lui aussi, il en a sur lui. Donc le général conclue qu’ils mangent « la même soupe ». Il demande la grade de Stierlitz mais il se dit d’être un diplomate, le général croit l’avoir vu le jour précédent dans la ministère de l’aviation mais Stierlitz le nie en disant que son « visage a un étrange faculté : tout le monde croit m’avoir vu quelque part ». Et pendant l’explication de Stierlitz le spectateur reçoit une information par le narrateur : « Stierlitz y était hier. Il y avait amené le pasteur Schlag. » Et cela reste notre seule information de cette visite. Nous savons que Stierlitz a choisi des pilotes et des diplomates comme comploteurs mais nous restons sans savoir ce qu’ils faisaient à la ministère de l’aviation.

Leur conversation sur le visage stéréotypé de Stierlitz mène une étrange discussion quand Stierlitz demande de quoi les militaires ont besoin :

  • Le général – Les militaires ont besoin de bonnes jambes aujourd’hui.
  • Stierlitz – Et pour la tête ?
  • Le général – La tête ? Pourquoi faire ? On pense pour nous, nous exécutons. Les jambes servent à s’enfuir assez vite.

Quand Stierlitz lui demande s’il n’a pas peur de parler comme ça à un inconnu, le général répond : « Le temps que vous me dénonciez, qu’ils trouvent un témoin, le temps aura passé, et tout sera fini. C’est ceux-là qui nous jugeront, et pas ceux-ci. Et ils vous jugeront vous en premier, les diplomates. »

Stierlitz le rappelle que c’était les militaires qui ont tué, détruit et brûlé, mais le général se défend d’avoir obéi aux ordres et il explique : « La guerre est nécessaire, mais pas une guerre aussi stupide. C’est une guerre de dilettante. Il a décidé qu’on pouvait combattre sans étudier à l’académie. Il a décidé que lui seul savait ce dont nous avions besoin. Il a décidé que lui seul aimait la grande Allemagne, et que nous ne pensions qu’à la vendre… »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le général et Stierlitz

Et il développe son opinions sur ses adversaires : « On peut s’attendre à tout des Rouges. Comme des Américains, d’ailleurs. Je les combats depuis un an. Ces idiots crèveront de leur propre technique. Ils pensent qu’on peut gagner la guerre juste en bombardant ! Ils vont augmenter leur puissance technique, et s’y noyer. Elle les délitera. Ils croiront pouvoir tout faire. Les Rouges pensent comme ça, parce qu’ils sont sauvages. Les Américains pensent comme ça parce qu’ils sont trop riches. C’est pour ça que les guerres sont nécessaires. »

Quand Stierlitz réplique que quelque chose cloche dans sa logique, le général réitère son point de vue : «Rien ne cloche, l’Etat est comme les gens, ils détestent rester sur place. Les frontières les étouffent. Ils veulent du mouvement. Et le mouvement, c’est la guerre. Mais si vous, maudits diplomates, recommencez à magouiller, on vous détruira tous. »

A cette réflexion Stierlitz se défend comme le faisait le général, il dit qu’ils ont obéi aux ordres, ils sont des simples soldats du führer, c’est alors que Stierlitz va connaître l’opinion du général de Hitler : « Arrêtez de faire semblant. Des soldats du führer ! Un simple soldat qui a volé des bottes de général. »

Le général boit du cognac pendant leur discussion, c’est peut-être l’origine de son envie de bavarder, Stierlitz dans un moment donné pose la question qui l’intéresse vraiment : « Et pourquoi vous ne vous rendez pas avec tout votre corps d’armée ? » Intéressant de connaître cette partie de leur conversation :

  • Le général – Et ma famille ? Et les fanatiques de l’état-major ? Et les lâches qui préfèrent combattre pour une victoire imaginaire plutôt que d’être prisonniers chez les Alliés ?
  • Stierlitz – Vous pouvez leur en donner l’ordre.
  • Le général – On donne l’ordre de mourir. L’ordre de vivre en se rendant, ça n’existe pas. On ne sait pas faire. Dans aucune armée au monde.
  • Stierlitz – Et si vous recevez cet ordre ?
  • Le général – De qui ? De ce neurasthénique ? Il nous entrainera tous dans la tombe. C’est dur de mourir seul. En foule, ce n’est rien. On peut même en rire.
  • Stierlitz – Et si vous recevez cet ordre de Keitel ?
  • Le général – Il a son derrière à la place de la tête. C’est un secrétaire.
  • Stierlitz – D’accord. Et votre commandant en Italie ?
  • Le général – Kesselring ? Il ne fera jamais ça.
  • Stierlitz – Pourquoi ?
  • Le général – Il a été élevé dans l’état-major de Göring, et celui qui travaille avec un chef, il perd son sens de l’initiative. Il acquiert de la dextérité. Il devient un analyste, mais perd la capacité de prendre ses propres décisions. Avant de se décider à un tel saut, il ira voir le Pourceau.
  • Stierlitz – Qui ça ?
  • Le général – Le Pourceau. Göring.
  • Stierlitz – Vous pensez qu’il ne se laisserait pas convaincre sans autorisation de Göring ?
  • Le général – Sinon, je ne le dirais pas.

C’est d’autant plus intéressant parce que Wolff est en train de mener des négociations avec Dulles comme si Kesselring était d’accord de se rendre. Nous ne savons pas si Wolff a vraiment obtenu le consentement de son chef dans le Wehrmacht ou il fait un bluff à Dulles et pense pouvoir influencer Kesselring plus tard vers la capitulation. Et une autre question se pose si Kesselring a vraiment accepté de commencer la capitulation : Est-ce que Kesselring a parlé avec Göring, comme le général a suggéré qu’il était incapable de prendre une décision sans consulter Göring ou le général s’est trompé et Kesselring a décidé seul ?

Stierlitz suit le raisonnement du général et il semble qu’il sympathise avec lui mais le train arrive à la frontière, ils descendent tous les deux, le général voyage au front et Stierlitz aussi pense à ses propres guerres qu’il faut gagner. Il observe du quai le professeur Pleischner qui voyage dans le même train en Suisse, les gardes-frontières sont en train de vérifier son passeport. Le général avance aux pas sûrs sur le quai et Stierlitz lui dit au revoir par ces mots : « je vous souhaite d’écraser tous vos ennemis. » Le général lui répond : « Merci. Nous les détruirons. » Stierlitz conclut leur conversation : « Je n’en doute pas. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz et le général se disent au revoir

Donc le professeur Pleischner voyage à Berne dans le même train que Stierlitz jusqu’à la frontière. Le professeur a une mission à remplir que le narrateur nous fait savoir : « Il allait à Berne avec un rapport pour Moscou, sur le travail fait, la mission de Schellenberg, le lien avec Bormann et l’échec de Käte. Stierlitz y demandait aussi un contact, et indiquait comment l’établir. » Le professeur Pleischner va effectivement envoyer un télégramme à Moscou : « Hans Fock, Rue Georg VIII, Stockhom, Suède. Signature contrat aura lieu dans 3 jours hôtel Atlantique. Envoyez vos conditions cette adresse. Jürgen. » Dont la signification : « Himmler a entamé des négociations à Berne avec Dulles, par l’intermédiaire de Wolff. Youstas. » Ce télégramme arrive à Moscou mais malheureusement le professeur va échouer lors de sa deuxième mission et il se dirige directement dans les bras de la gestapo et le message de Stierlitz n’arrivera pas à Moscou mais à Berlin, il va atterrir directement sur le bureau de Müller.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le professeur Pleischner va à Berne

20. Episode 8, le 15 mars

Stierlitz amène le pasteur à la frontière suisse. Pendant le trajet il pense : « Le pasteur commencera sa mission et Pleischner remplira la sienne. (Il ne sait pas encore que Pleishner s’est dirigé dans les bras de la gestapo et il va revoir son message codé littéralement dans les mains de Müller.) Aucun d’eux ne sait quel rôle il a joué. Nos agents, prévenus par Pleischner, surveilleront le pasteur. Tout ira bien. Ces négociations n’auront pas lieu. Je ne laisserai pas faire Himmler. Ils n’y arriveront pas. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz et le pasteur à la frontière suisse

Stierlitz dit au revoir avec un pincement au cœur au pasteur à la frontière suisse avant que ce dernier n’entre clandestinement dans le pays pour remplir sa mission.

21. Episode 9, le 15 mars

Dès son arrivée, le pasteur commence son travail, il parle avec un Américain qui est l’un des collaborateurs de Dulles mais un homme qui ne participe pas aux négociations avec Wolff. Ensuite, le pasteur parle avec le représentant du Vatican qui a l’intention de discuter avec lui ouvertement et après leur rencontre il va demander l’autorisation du Vatican pour pouvoir le faire. Le pasteur est également invité chez l’ancien évêque de Hambourg qui vit à Berne en exil. Donc il travaille, il cherche les contacts, mais il n’a pas encore pu obtenir des preuves de l’existence des négociations entre Wolff et Dulles.

22. Episode 9, le 16 mars

Müller mène une enquête sur Stierlitz à l’ordre de Kaltenbrunner dont Stierlitz n’est bien évidemment pas au courant. Müller essaie de mettre la main sur le pasteur pour pouvoir mettre la pression sur Stierlitz et surtout sur son chef, Schellenberg. Il a reçu également le rapport des agents de la gestapo sur la visite du professeur à Berne et son message codé qu’il a envoyé à Berne par le professeur Pleischner tombe entre les mains de Müller. Donc Müller donne l’ordre d’enlever le contact de Berne (le professeur) et l’amener dans le coffre d’une voiture de l’Ambassade à Berlin, au Gruppenführer Müller.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Müller ne peut pas mettre la main sur la sœur du pasteur

Pendant ce temps le professeur Pleischner profite de sa liberté à Berne, il se rend joyeusement à son rendez-vous mais soudain il réalise qu’il avait commis une erreur, qu’il est entre les mains de la gestapo. Il décide de se suicider en prenant une capsule de cyan et tombe de la fenêtre. Le professeur Pleischner ne remplit que la moitié de sa mission : il a posté le télégramme à Moscou mais le message codé est tombé dans les mains de la gestapo. En décidant de se suicider, il sauve Stierlitz. Plus en détail dans le chapitre sur le professeur Pleischner.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le professeur Pleischner n’a d’autre issue que se suicider