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VIII. Les conséquences du travail de Stierlitz

30. Episode 12, le 22 mars

Le ministre des affaires étrangères, M. Molotov invite l’ambassadeur britannique Sir Kerr au Kremlin et lui transmet une note du gouvernement soviétique sur les négociations menées par Wolff à Berne et sur le mécontentement du Kremlin.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – La note du gouvernement

La note : « Confirmant avoir reçu un courrier au sujet de négociations à Berne, entre le général allemand Wolff et des officiers de l’Etat-major du Maréchal Alexander, le gouvernement soviétique déclare qu’il voit dans cette affaire plus grave qu’un malentendu. Le général Wolff est venu à Berne pour mener avec le commandement anglo-américain des négociations sur la capitulation des forces allemandes en Italie. Quand le gouvernement soviétique a indiqué la nécessité de la participation de ses représentants à ces négociations, il a dû supporter un refus. Ainsi, pendant deux semaines, à Berne, à l’insu de l’Union Soviétique, qui porte l’essentiel du poids de la guerre contre l’Allemagne, ont lieu des négociations entre représentants du commandement allemand d’un côté, et des représentants des commandements anglais et américains, de l’autre. Le gouvernement soviétique considère cette situation comme intolérable. »

Sir Kerr regarde le document et il ferme tranquillement le dossier. Il dit : « Je n’ai pas de questions, M. Molotov. Je vais immédiatement transmettre cette note au gouvernement de sa Majesté. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – L’ambassadeur comprend la situation

Ils se serrent la main.

L’histoire du film n’explique pas pourquoi M. Molotov convoque l’ambassadeur anglais. Dulles est américain et le film n’a pas mis en scène que les représentants du gouvernement du Royaume-Unis aient participé à ces négociations.

31. Episode 12, entre le 22 et le 24 mars

Stierlitz rencontre une deuxième fois le pasteur et il reçoit l’enregistrement de la dernière discussion de Wolff avec Dulles. Il se rend à l’Ambassade de l’Allemagne et envoie un message codé à Bormann pour qu’il convoque Wolff immédiatement à Berlin. Mais n’oublions pas que Bormann lui a demandé d’obtenir la preuve que Wolff agissait au nom de Himmler et cet enregistrement ne contient pas cette information, l’information qui pourrait compromettre Himmler. Encore une fois, Bormann disait qu’il ne faudrait pas empêcher les négociations mais les renforcer, obtenir la preuve que Wolff représente Himmler et les enregistrements de ces négociations. Alors pourquoi il convoque Wolff sans cette preuve précieuse, l’atout contre Himmler ?

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz écoute l’enregistrement de la dernière rencontre de Dulles et Wolff

Quand Stierlitz envoie ce message ne pense pas qu’il devra retourner à Berlin, il pense seulement à mettre fin à tout prix aux négociations. Il n’accomplie donc pas la mission obtenue de Bormann.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Bormann donne l’ordre d’arrêter Wolff
Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moment du printemps – Schellenberg est averti

32. Episode 12, entre le 22 et le 24 mars

A Berlin : Wolff arrive par avion et il est attendu par quatre des hommes de Kaltenbrunner.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Les quatre hommes de Kaltenbrunner

Ils sont venus pour l’arrêter mais Schellenberg arrive en uniforme, il l’accueil chaleureusement et l’emmène chez Himmler.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Schellenberg accueille Wolff

Himmler hurle mais Schellenberg sauve la situation, il dicte un rapport à Wolff selon lequel il se serait infiltré le groupe des comploteurs qui voulaient négocier une paix séparée avec l’Occident et le SS auraient dévoilé ce complot.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Wolff écrit son rapport

33. Episode 12, entre le 22 et le 24 mars

Le plan de Bormann échoue, il ne peut pas discréditer Himmler devant Hitler, il doit même féliciter à Wolff et il est obligé de chercher le contact avec Müller.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Bormann est dans l’obligeance de féliciter Wolff

34. Episode 12, entre le 22 et le 24 mars

Staline dicte une lettre à l’attention de Roosevelt : « Secret. En mains propres, de la part du Premier Ministre, I. V. Staline à M. le Président Franklin Roosevelt. Il n’est pas question dans ce courrier d’honnêteté et de confiance. Je n’ai jamais douté de votre honnêteté de même que de celle de M. Churchill. Il est question du fait qu’entre nous est apparue une différence de point de vue sur ce que peut se permettre un allié envers un autre allié, et ce qu’il ne doit pas se permettre. Nous, Russes, pensons que vu la situation sur les fronts, alors que l’ennemi est contraint à la capitulation, toute rencontre avec les Allemands au sujet de cette capitulation, où les représentants d’un des alliés sont présents, doit se faire avec la participation de l’autre allié. En tout cas, c’est absolument nécessaire si cet allié demande à participer à cette rencontre. Les Américains et les Anglais pensent autrement et considèrent le point de vue russe comme incorrect. Ils ont donc refusé aux Russes le droit de participer à une rencontre avec les Allemands en Suisse. J’ai déjà écrit et considère comme nécessaire de répéter que les Russes, dans une situation analogue, n’auraient jamais refusé aux Américains et Anglais de participer à une telle réunion. Je considère le point de vue russe comme étant le seul valable puisqu’il exclut toute possibilité de semer la discorde entre nous. En ce qui concerne mes informateurs, je vous assure qu’ils sont des gens honnêtes et simples, (on voit Stierlitz à Berne) qui accomplissent parfaitement leur devoir sans aucune intention d’offenser qui que ce soit. Ces hommes ont prouvé maintes fois leur valeur sur le terrain. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – La lettre à Roosevelt

IX. Conclusion

C’est ainsi que Stierlitz remplit sa mission qu’il a reçu le 13 février de Moscou. Il a même dû faire face à deux imprévus : l’échec de Katia et l’enquête sur lui. Grâce à ses efforts non seulement l’existence des négociations pour une paix séparée a été dévoilée mais aussi il a empêcher que l’Occident et l’Allemagne nazi signe un accord contre l’Union Soviétique ce qui aurait mené à la continuation de la guerre.

Mais Stierlitz a agi en espérant de ne pas retourner à Berlin. A la demande de Moscou il décide d’y retourner quand même. Il arrête sa voiture à 200 kilomètres de la capitale allemande et s’installe dans l’herbe à réfléchir. Il a à quoi réfléchir : il n’a pas rempli sa mission que Bormann lui a confiée, il n’a pas rempli sa mission que Schellenberg lui a confiée et il doit également s’expliquer devant Müller pourquoi il est allé si subitement en Suisse.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz avant de rentrer à Berlin