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IV. La confrontation ouverte

23. Episode 10, le 16 mars

La conversation entre Müller et Stierlitz commence presque amicalement dans la salle de torture mais finalement Müller pose la question sur ce que Stierlitz faisait après être entré dans le standard téléphonique. Stierlitz répond qu’il a rencontré Bormann et ils ont parlé pendant 2 heures (nous ne savons pas ce que Stierlitz disait à Bormann, parce que nous n’avons assisté qu’au début de leur rencontre) mais il refuse de parler du contenu de leur conversation sauf en présence de Bormann.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Une conversation amicale

Müller dit que s’il répondait sans sa présence, il ne devrait pas répondre à une troisième question (celle de ses empreintes sur la valise de la radio). Donc Müller est prêt à oublier pour l’instant que Stierlitz peut être le résident russe si Stierlitz le met en contact avec Bormann.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – L’une des empreintes laissée par Stierlitz

Mais comme Stierlitz dit qu’il est prêt à répondre à la troisième question, il la pose et lui montre également le message codé que Stierlitz a envoyé avec Pleischner.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le message codé de Pleischner

Stierlitz regarde le message et il ne dit rien, il se tait. Mais pourquoi il se tait ? C’est exactement cette attitude qui prouve que c’est Stierlitz le résident russe parce que seul le résident ne posait pas de question concernant ce message. Si Stierlitz jouait son rôle d’officier SD il devrait demander ce que c’est et réfléchir selon l’enquête qu’il est théoriquement en train de mener sur Katia et ses collaborateurs. Il devrait penser que ce message serait un nouveau message envoyé par un opérateur radio russe et il devrait en conclure que si un nouveau message est parti depuis l’arrestation de Katia avec le même code qu’elle a utilisé cela signifierait que le résident russe aurait un deuxième radio. Et bien sûr il ne devrait absolument pas penser qu’il s’agissait un message envoyé physiquement par quelqu’un, comme c’était le cas parce que cela aussi est une information que seul le résident russe connaît. Mais il ne dit rien, il ne réagit absolument pas, il ne fait que regarder le message sans un mot.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz regarde le message codé et il se tait

Müller sort et laisse Stierlitz seul dans la salle de torture. Müller sort non seulement pour laisser Stierlitz réfléchir tranquillement, il apprend que Katia s’est enfuie, donc son plan risque de ne pas fonctionner. Il part donc pour savoir pourquoi Rolf ne répond pas au téléphone dans l’appartement de Katia.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz reste seul

Le plan de Müller est simple : faire peur à Stierlitz à tel point qu’il avoue au moins de quoi il a parlé avec Bormann, et il veut que Rolf fasse parler Katia, qu’elle avoue que c’est Stierlitz le résident. Avec cet aveu Müller pourrait obliger Stierlitz à faire dans l’affaire de Bormann ce que Müller lui dit pour soit faire tomber Bormann et accéder aux finances du parti, soit devenir indispensable à lui. Avec l’aveu de Katia le sort de Stierlitz tomberait entre les mains de Müller.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Müller veut faire peur à Stierlitz

Mais son plan ne fonctionne pas parce que d’une part Katia a réussi à s’enfuir, ils la poursuivent en vain, d’autre part Stierlitz ne craque pas, il réussit à trouver une explication logique au fait que ses empreintes étaient retrouvées sur la valise de la radio russe et il peut même la prouver.

Les pensées de Stierlitz : « Cela faisait deux heures que Müller était parti. Stierlitz pressentait que quelque chose ne se passait pas comme Müller l’a prévue. Il s’était passé quelque chose. Quelque chose n’a pas fonctionné chez eux. Il s’est passé quelque chose… Donc j’ai un sursis que je dois utiliser. Je dois expliquer de manière vraisemblable et exacte où, quand et pourquoi mes empreintes ont pu se retrouver sur cette valise. Où, quand et pourquoi ? Je dois me rappeler ce jour dans ses moindres détails, prouver que c’est par hasard que je me suis retrouvé près de chez Erwin. C’était le 21 au matin. Vers 8 heures. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz réfléchit à l’aide des allumettes

« J’allais chercher la réponse du centre chez Erwin. Je me suis retrouvé coincé. Ils nettoyaient la rue après le bombardement. J’y suis resté vingt minutes. Parfait. Ensuite. J’allais vers la Dorotheenstrasse. J’ai tourné à gauche, pour arriver directement à la Dorotheenstrasse. On ne m’a pas laissé passer, les pompiers bloquaient la ruelle. Et j’ai dû faire un détour. Par Köpenicker strasse, près des casernes. Donc, j’ai fait un détour par Köpenick. Là-bas aussi, on m’a stoppé. Ce gars, qui ne voulait pas me laisser passer. Il faut que je me souvienne… Il m’a fait penser à quelque chose. J’essayais de ne pas penser à Erwin et Käte. Et je me suis surpris à le qualifier de tuberculeux. Il toussait tout le temps. Le deuxième, je ne m’en souviens pas, mais celui-là toussait tout le temps. Je m’en souviens très bien. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le jeune policier tuberculeux

« Bon. Ensuite, j’ai aidé une femme. J’ai ramassé quelque chose et poussé son landau, qui contenait des affaires. Elle tenait son enfant dans les bras. Imaginons autre chose. Et si cette femme avait une valise ? Oui, elle avait une valise. J’ai poussé son landau et porté sa valise. En tout cas, j’ai une chance, je dois m’en servir. La voilà. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Ce qui s’était réellement passé
Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – S’il y avait un sac pourquoi pas une valise aussi ?

Stierlitz se lève et toque à la porte, il dit à Bittner de prévenir Müller parce qu’il vient de se souvenir.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz ordonne Bittner de prévenir Müller

Après le départ de Bittner Stierlitz continue à réfléchir : « Donc, je me suis retrouvé là-bas, parce que la police m’y a détourné. J’ai parlé au policier, je me souviens de son visage. Il doit se souvenir de moi. Je lui ai montré ma carte de SD. Il m’a regardé pousser le landau. Donc il confirmera que j’ai poussé le landau. Je dirai que j’ai aussi aidé à porter la valise. S’il m’a vu pousser le landau, il ne pourra ni confirmer, ni infirmer la valise avec certitude. C’est ce dont j’ai besoin. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Müller arrive

Müller arrive et écoute l’explication que Stierlitz lui donne : « Il faudrait convoquer tous les policiers qui bloquaient la zone de Bayreuthestrasse. Je m’y suis arrêté et on m’a empêché de passer. Même avec mon laissez-passer de SD. Alors, j’ai fait un détour, par Köpenicker strasse, près des casernes qui sont à présent un champ de ruines. On m’a aussi stoppé là-bas, et je me suis retrouvé dans un bouchon. Je suis allé voir ce qui se passait, et des policiers, un jeune, mais visiblement malade, de la tuberculose et son partenaire, lui, je ne m’en souviens pas, ne m’ont pas laissé accéder au téléphone pour appeler ici et indiquer que j’étais en retard. J’ai sorti ma carte et je suis allé téléphoner. Je me souviens, il y avait une femme avec des enfants et je l’ai aidée à sortir un landau des ruines, ensuite, j’ai transporté des affaires et des valises. En tout cas, ce sont les seules valises que j’ai touchées dans l’année. Interrogez ces policiers, qui m’ont vu porter des affaires et comparez cela avec vos faits. Si une seule de mes explications est mensongère, alors donnez-moi un pistolet avec une balle, je n’ai pas d’autre issue. Je ne peux prouver mon alibi d’aucune autre façon. »

Müller accepte cette explication, fait convoquer les policiers et demande Stierlitz s’ils l’ont nourri, ils mangent des sandwichs.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Un pique-nique un peu particulier

Lors de la confrontation, le jeune policier ne reconnaît pas Stierlitz tout de suite mais quand Eismann lui demande s’il était en faction dans la Köpenicker strasse, il le reconnaît et confirme que Stierlitz était là et en montrant son laisser-passer de SD s’approchait de l’incendie.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Müller interroge le jeune policier

Müller reprend l’interrogatoire quand le jeune policier semble être perdu par la situation en lui rassurant que Stierlitz avait le droit de passer à l’endroit où les maisons étaient bombardées : « Il en avait le droit. Ce n’est pas un ennemi, nous travaillons tous ensemble. Alors, il cherchait la femme enceinte là-bas ? » Le jeune policier écarte cette éventualité en disant que « Non, celle-là, on l’avait emmenée la nuit. Lui, il était là le matin. » Mais Müller insiste toujours : « Donc il cherchait les affaires de cette femme ? Vous l’avez aidé ? » Mais il reçoit une réponse négative en affirmant que Stierlitz « a poussé la poussette d’une femme. Un landau. » Et quand Müller demande si la femme était à côté des valises le jeune policier donne la réponse que Stierlitz espérait entendre : « Ca, je ne m’en souviens pas. Je crois qu’il y avait des valises. Je ne m’en souviens pas. Je me souviens d’une poussette. Des affaires en sont tombées, le monsieur les a ramassées et les a portées sur le trottoir. » Pourquoi, demande Müller, « C’était moins dangereux. Les tuyaux des pompiers auraient pu abîmer le landau. Le bébé n’aurait eu nulle part où dormir. Ensuite, la femme a mis ce landau dans un abri antiaérien et le bébé y dormait. Je l’ai vu. », répond le jeune policier. Müller met fin à l’interrogatoire et laisse partir le policier ce qui signifie que l’alibi de Stierlitz vient d’être prouvé.

Donc les calcules de Stierlitz étaient justes, le jeune policier se souvient de lui et du fait qu’il a aidé une femme à transporter ses affaires et il a poussé un landau, même s’il ne se rappelle pas avec exactitude s’il a porté une valise aussi ou non, l’alibi de Stierlitz est confirmé.

Mais une question se pose par cette situation : Qui était cette femme à côté de laquelle Stierlitz a soi-disant ramassé la valise de la radio ? Est-ce qu’elle se trouvait par hasard à côté de la valise de la radio ou est-ce qu’elle a quelque chose à voir avec Katia et sa valise ? Müller ne suit pas cette piste ce qui est étonnant. Et si ce serait elle, la résidente russe ?

En tout cas Müller accepte le résultat de cette confrontation et il veut parler avec Stierlitz en tête-à-tête.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz, je vous demande de rester.