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IV. Les négociations

5. Episode 5, le 7 mars

Wolff envoie une lettre à Himmler de l’Italie par un parachutiste : « Cher Reichsführer, après être arrivé à Berne, j’ai commencé à étudier les documents d’agents au sujet des représentants d’Allen Dulles ici, et j’en ai conclu que Dulles, comme nous, craint la perspective de l’établissement d’un gouvernement communiste en Italie, ce qui créerait une ceinture communiste Togliatti – Maurice Thorez en France. Je reviens d’une rencontre avec les représentants de Dulles, Gaevernitz et Guzman. Je rencontrerai Dulles demain 8 mars. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Wolff envoie une lettre à Himmler

La première discussion entre Dulles et Wolff

6. Episode 5, le 8 mars

Les négociations commencent à Berne dans la résidence des services spéciaux américains. Dulles est présent même s’il s’installe un peu à l’écart et laisse ses deux collaborateurs à parler avec Wolff.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Les négociations commencent

Voici la transcription française du dialogue :

  • Guzman – Général, vous vous rendez compte que l’Allemagne a perdu la guerre ?
  • Wolff – Oui, je comprends que l’Allemagne a perdu la guerre. Mais est-il vraiment nécessaire de commencer par un autodafé aussi pénible pour moi, un Allemand ?
  • Guzman – Vous comprenez que la base de ces négociations ne peut être qu’une capitulation sans conditions ?
  • Wolff – Je comprends. Je comprends cela.
  • Guzman – Mais si vous voulez nous parler au nom d’Himmler, ces négociations cesseront avant d’avoir commencé. Mister Dulles devra nous quitter.
  • Wolff – Je considère que continuer le combat est un crime envers le peuple et envers la culture européenne. Surtout maintenant que nous avons avancé vers des négociations.
  • Guzman – Vous ?
  • Wolff – Nous, l’Amérique et l’Allemagne. Je suis prêt à mettre mon organisation à votre service. C’est l’organisation la plus puissante en Allemagne, le SS et le SD. A votre service et celui de vos alliés, afin de terminer la guerre et de ne pas laisser se créer des régimes communistes en Italie et en Allemagne. Avant de vous mettre à discuter avec moi, et d’entamer des négociations officielles, bien que secrètes, vous avez sans doute appris que mon grade est Obergruppenführer SS. Et ma fonction, chef d’Etat-Major du Reichsführer Himmler.
  • Gaevernitz – Vous avez dit que vous mettriez le SS et le SD à notre service. Cela signifie-t-il que vous allez vous battre avec la Wehrmacht, et en particulier avec le feldmarschall Kesselring ? Ou bien Kesselring va obéir à vos ordres ?
  • Wolff – Je vous comprends, mister Gaevernitz, mais j’ai besoin de vos garanties avant de commencer à discuter de manière précise avec le feldmarschall Kesselring.
  • Guzman (il regarde Dulles) – C’est légitime.
  • Wolff – Vous devez comprendre que dès qu’il émettra l’ordre de capitulation ici, en Italie, où 1,5 million d’hommes dépendent de nous, il y aura une réaction en chaîne sur les autres fronts. Je pense aux fronts de l’ouest. En Norvège, au Danemark, à l’ouest de l’Allemagne. Ainsi, sur le front de l’est, le combat pourra continuer avec une intensité croissante. Si vous me donnez vos garanties, je suis prêt à m’engager à empêcher la destruction de l’Italie, comme cela est planifié par un ordre du führer. Nous avons reçu l’ordre de détruire les monuments et les musées, en un mot tout ce qui représente l’histoire de l’humanité. Malgré le danger, j’ai déjà sauvé, en les cachant, les tableaux de la galerie des Uffizi et Pitti, et la collection de pièces du roi Victor Emmanuel.

Wolff leur tend un papier avec une liste sur les tableaux sauvés. Dulles s’approche.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Dulles s’intéresse à la liste des œuvres d’art de Wolff
  • Guzman – Il y a des Titien, El Gréco, Botticelli ?
  • Wolff – Oui, El Gréco, Botticelli.
  • Guzman – Combien cela peut-il coûter en dollars ?
  • Wolff – Ces tableaux n’ont pas de prix. Ils sont inestimables.
  • Dulles – Je suis prêt à faire affaire avec vous, général Wolff. Mais vous devez me donner vos garanties. Premièrement, vous ne prendrez contact avec personne d’autre que moi. Je pense qu’il est inutile de répéter. De plus, ces négociations ne doivent être connues que de ceux qui sont ici : vous, moi, votre collaborateur et mes amis.
  • Wolff – Alors, nous ne pourrons pas faire la paix, mister Dulles. Parce que, vous n’êtes pas encore Président des Etats-Unis, et moi, je ne suis pas encore chancelier allemand.
Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Vous n’êtes pas encore le président des Etats-Unis et moi, je ne suis pas chancelier.

Remarquons que le nom de Himmler apparaît dans la conversation : « Mais si vous voulez nous parler au nom d’Himmler, ces négociations cesseront avant d’avoir commencé. Mister Dulles devra nous quitter. » Wolff ne donne pas une réponse claire et pas tout de suite : « Avant de vous mettre à discuter avec moi, et d’entamer des négociations officielles, bien que secrètes, vous avez sans doute appris que mon grade est Obergruppenführer SS. Et ma fonction, chef d’Etat-Major du Reichsführer Himmler. »

Donc la question n’a pas été posée ouvertement et la réponse n’est pas ouverte non plus. Le nom de Himmler a été mentionné mais en sorte que les négociations puissent continuer.

7. Episode 6, le 10 mars

Avant l’arrestation de Katia, Schellenberg dit à Stierlitz : « Nous parlerons du pasteur. J’en aurai besoin d’ici trois jours. »

8. Episode 7, le 13 mars

Stierlitz voyage sur l’express vers la frontière suisse pour préparer une fenêtre par laquelle le pasteur va entrer en Suisse clandestinement. Schellenberg envoie le pasteur pour se servir de lui et dans un moment donné le faire tomber pour sauver l’opération de Wolff. Mais Stierlitz réserve un autre sort au pasteur Schlag. Vous pouvez lire plus en détail de l’histoire du pasteur Schlag dans le chapitre dédié à lui en suivant ce lien.

Deuxième rencontre entre Dulles et Wolff

9. Episode 8, le 15 mars

Les négociations ont lieu de nouveau dans la résidence des services spéciaux américains et c’est seulement la fin de la discussion qui a été mise en scène. Dulles prend congé : « Je dois vous laisser. Continuez sans moi, nous nous reverrons demain soir. » Wolf reste avec les deux collaborateurs de Dulles. Ils parlent des membres du nouveau gouvernement allemand. L’un des collaborateurs dit que Schacht (qui est mentionné comme l’éventuel futur ministre des finances) a financé Hitler quand il était encore Schicklgruber. Wolf répond : « Hitler était alors déjà Hitler. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Dulles prend congé

Leur conversation continue :

  • Gaevernitz – Bon, et à l’intérieur ? Qui tiendra l’Allemagne en main ? Wolf ? Le général Karl Wolff ?
  • Guzman – Karl Wolff, Obergruppenführer SS ?
  • Wolff – Plus vite vous oublierez le SS, et les grades de la hiérarchie SS, mieux cela sera pour nous, mais croyez-moi, pour vous aussi.
  • Gaevernitz – Et comment voyez-vous l’avenir de votre chef ?
  • Wolff – Vous voulez dire Kaltenbrunner ?
  • Gaevernitz – Non, Himmler.
  • Wolff – Ce sera la prochaine étape de nos négociations. Je peux seulement vous promettre que la légalité sera respectée. Puisque nous sommes d’accord d’oublier les titres, et de ne garder que les noms. Et puis, est-ce vraiment cela l’essentiel ? Arrêter les bolcheviques, les empêcher d’entrer en Europe, c’est en cela que je vois mon devoir. Précisément en cela.

Wolff mène donc ces négociations et selon les scènes que l’on peut voir sur ces trois rencontres avec Dulles et ses collaborateurs on peut supposer qu’en certaine manière il travaille pour prolonger le régime nazi. Dulles ne disait pas qu’il n’était pas question de laisser le même régime diriger l’Allemagne qui l’a poussée en guerre. Mais lors de leur discussions Wolff dit aux collaborateurs de Dulles qu’ils ont convenu d’oublier les rangs et les hiérarchies de SS et ne garder que les noms, c’est-à-dire laisser en place les personnes qui occupent aujourd’hui des postes importants sans garder l’organisation du SS. Mais réfléchissons un peu, ils sont des nazis, ils sont dévoués au régime national-socialiste, ils pensent et agissent selon cette idéologie. S’ils restent en position, même s’ils portent de nouvelles uniformes, le nazisme va survivre. Nous ne pouvons pas les considérer comme des professionnels, les agents de la gestapo ont torturé et tué des milliers de gens, torturer les gens n’est pas une profession. Les deux anciens collègues de Müller sont par exemple des professionnels, ils ne sont pas entrés dans la gestapo, ils ont resté enquêteurs, ils ne se sont pas engagés au régime, ils ne sont même pas capables de faire la différences entre les uniformes militaires.

Mais malheureusement le film ne met pas en scène leur prochaine rencontre dont Dulles a parlé, qui va se dérouler le lendemain soir et dont le sujet sera exactement le sort de Himmler. C’est à cette discussion qu’on pourrait connaître la position de Dulles concernant Himmler et l’avenir du régime nazi en Allemagne et la manière dont Wolff essaie de sauver son chef et le national-socialisme. Cela aurait été intéressant de voir cette discussion, d’autant plus parce que le pasteur Schlag rencontre l’un des collaborateur de Dulles le 15 mars et cette discussion sur Himmler aura lieu le lendemain. Cela aurait été une information de plus si le spectateur avait pu voir l’influence que le pasteur a exercé sur les négociations.

10. Episode 9, le 15 mars

Donc le pasteur Schlag parle avec l’un des collaborateurs de Dulles, un Italo-Américain et quand ce dernier suggère que l’ordre ne peut être maintenue en Allemagne uniquement par les commandants de police actuels, quand à cette suggestion le pasteur demande s’il s’agit de conserver le pouvoir du SS pour garder l’ordre, l’Américain commence à se douter de ce que le pasteur sache quelque chose sur les négociations. Les pensées de l’Américain après cette rencontre : « L’Italien, collaborateur de Dulles, réfléchit longtemps avant d’écrire son rapport. Soit c’est un nul complet, pensait-il, qui ne représente personne, soit c’est un espion très malin. Il n’a pas marchandé, mais n’a rien dit non plus. Il en sait plus sur ce que nous voulons que nous savons sur ce dont ils sont capables. Mais ses paroles indiquent qu’ils savent quelque chose des discussions avec Wolff. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le collaborateur de Dulles essaie de comprendre qui est le pasteur

Est-ce que cette rencontre a un effet quelconque aux négociations ? Dulles et Wolff se rencontrent le lendemain mais comme nous avons déjà expliqué nous ignorons malheureusement le contenu de leur discussion.

11. Episode 9, le 15 mars

Après la discussion avec l’Italo-Américain, le pasteur Schlag parle avec un homme d’église. Nous n’assistons pas à leur discussion, nous ne voyons que leur adieu, après lequel l’homme d’église informe le Vatican de la visite du pasteur et demande l’autorisation de lui partager les informations qu’il dispose sur les négociations de Wolff grâce à l’ancien évêque de Hambourg. Il a déjà averti Dulles du danger de négocier avec les nazis mais il ne veut plus insister parce qu’il craint que Dulles ne lui dissimule les prochaines négociations.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le pasteur à Berne

La troisième rencontre entre Dulles et Wolff se déroule le 16 mars dans la soirée mais nous n’y assistons pas et nous ne connaissons non plus son contenu.

La quatrième rencontre de Dulles et Wolff

12. Episode 12, le 18 mars

Les négociations se poursuivent, Wolff et Dulles évoquent le nouveau commandement à la tête duquel Kesselring va être nommé, il va être transféré au front de l’ouest et en Italie il sera remplacé par Vietinghoff. Dulles veut savoir si Wolff, dans ce nouveau contexte peut obtenir le consentement de Kesselring et Vietinghoff en ce qui concerne la capitulation du Wehrmacht sur le front de l’ouest :

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Leur quatrième rencontre
  • Dulles – Mes collègues et moi sommes là pour diriger les négociations.
  • Wolff – Je suis heureux que nos négociations soient menées dans des circonstances aussi représentatives.
  • Dulles – Mes amis et moi avons été très favorablement impressionnés qu’un haut gradé de SS, entrant en négociations avec l’ennemi n’avance aucune exigence personnelle.
  • Wolff – Mon exigence personnelle, c’est la paix pour les Allemands.
  • Gaevernitz – Bravo, voilà les paroles d’un vrai soldat.
  • Dulles – Quoi de neuf chez vous ?
  • Wolff – Kesselring a été convoqué d’urgence à l’Etat-major du führer. C’est une très mauvaise nouvelle.
  • Guzman – Vous supposez…
  • Wolff – Je n’attends rien de bon des convocations à l’Etat-major du führer.
  • Gaevernitz – Selon nos sources, Kesselring a été rappelé à Berlin afin d’y recevoir un nouveau commandement. Il commandera le front de l’ouest.
  • Wolff – Je l’ai entendu dire, mais ce n’est pas encore confirmé.
  • Dulles – Cela le sera très bientôt.
  • Wolff – Vous pouvez peut-être nous indiquer qui succède à Kesselring ?
  • Dulles – Oui, bien sûr. C’est le général Vietinghoff.
  • Wolff – Je connais cet homme.
  • Dulles – Votre avis sur lui ?
  • Wolff – C’est un soldat qui obéit de façon consciencieuse.
  • Dulles – Je pense que c’est ce qu’on peut dire de la majorité des généraux de la Wehrmacht.
  • Wolff – Même de Beck et de Rommel ?
  • Dulles – Non, ils étaient des véritables patriotes allemands.
  • Wolff – Je n’avais aucun contact direct avec le général Vietinghoff.
  • Dulles – Et Kesselring ?
  • Wolff – Kesselring l’avait comme avec tous les généraux.
  • Dulles – Que penseriez-vous de la proposition suivante : aller voir Kesselring et lui demander de capituler sur le front de l’ouest, après avoir obtenu l’accord de Vietinghoff pour sa capitulation en Italie ?
  • Wolff – C’est risqué.
  • Dulles – Est-ce que nous ne risquons pas tous ?
  • Guzman – Votre rencontre avec Kesselring sur le front de l’ouest nous indiquerait clairement s’il est d’accord pour capituler.
  • Wolff – Etant donné qu’il était prêt à le faire en Italie, on peut supposer qu’il ne changera pas d’avis à Strasbourg.
  • Dulles – Quand pourrez-vous le voir sur le front de l’ouest ?
  • Wolff – Kaltenbrunner m’a convoqué mais j’ai repoussé mon départ puisque nous devions nous rencontrer.
  • Dulles – Vous pouvez donc partir à Berlin dès votre retour d’Italie ?
  • Wolff – Oui, en principe, c’est possible. Mais…
  • Dulles – Je vous comprends. Les risques sont effectivement plus importants pour vous que pour nous. Mais dans le cas présent je ne vois pas d’autre solution.
  • Gaevernitz – Il y a une solution. Vous avez initié ces négociations, et avez donc des soutiens à Berlin ? Cela vous permettra de trouver un prétexte pour aller voir Kesselring.
  • Dulles – Si vous êtes avant tout anxieux du destin de l’Allemagne, alors ici, il est entre vos mains.
  • Wolff – Bien sûr, cet argument ne peut me laisser indifférent.
  • Dulles – Nous pouvons donc considérer que vous rendrez visite à Kesselring ?
  • Wolff – Oui.
  • Dulles – Vous pensez pouvoir le convaincre de capituler ?
  • Wolff – J’en suis certain.
  • Dulles – Et donc Vietinghoff suivra son exemple ?
  • Wolff – Je dois revenir en Italie et essayer…
  • Gaevernitz – Au cas où Vietinghoff hésiterait, vous pourrez agir sur les évènements ici ?
  • Wolff – Oui, mais en cas de besoin, il vous faudra rencontrer Vietinghoff. Ici, ou en Italie.
  • Dulles – Si cela s’avère justifié, nous entrerons en contact avec Vietinghoff. Quand reviendrez-vous de chez Kesselring ?
  • Wolff – Si tout va bien, dans une semaine. Je vous amènerai, à vous et à Vietinghoff, la date exacte de la capitulation des armées du Reich à l’ouest.
Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Dulles sait qui sera nommé à la place de Kesselring

Gaevernitz évoque que Wolff n’agît sans doute pas seul, il peut compter à quelqu’un : « Vous avez initié ces négociations, et avez donc des soutiens à Berlin ? » Puisque nous ignorons ce qui a été dit lors de leur troisième rencontre, nous ignorons également quel sort a été fixé pour Himmler, à qui fait allusion Gaevernitz.

Par cette quatrième rencontre s’achève l’histoire des négociations, Wolff va être convoqué à Berlin et il ne rencontrera plus Dulles et les négociations cesseront en cette forme. Mais nous pouvons constater que la façon dont les négociations sont racontées est incomplète, il en manque la troisième rencontre et c’est cette rencontre que Stierlitz devrait écouté à l’Ambassade, du point de vue de la dramaturgie. Le spectateur ignore donc complètement quel sort a été fixé pour Himmler, l’information phare de toute l’histoire.

En même temps que les négociations se poursuivent, l’étau resserre autour ces pourparlers par la présence et par le travail du pasteur Schlag. C’est pour ça qu’il aurait fallu mettre en scène quand par exemple Dulles lit le rapport de l’Italo-Américain sur sa rencontre avec le pasteur, savoir si l’homme d’église a reçu l’autorisation de parler ouvertement avec le pasteur, voir si l’ancien ministre Krause parle à quelqu’un du message du pasteur : ne prendre surtout pas au sérieux Wolff, il ne souhaite pas la paix, il ne veut que sauver le régime nazi.

V. Les différentes sources des personnages de l’histoire

Nous avons jugé nécessaire d’examiner l’histoire des négociations d’un autre point de vue. Il est assez difficile de suivre qui sait d’où, de quelle manière, par qui et quoi sur les négociations menées par Wolff. Nous avons énuméré les principaux personnages et leur source d’information concernant les pourparlers.

Stierlitz – dans le livre Stierlitz apprend la mission de Wolff ou une partie de cette mission par Schellenberg après que Schellenberg l’a trouvé dans l’antichambre de Himmler. Mais nous ne sommes pas témoins de leur conversation, ils parlent pendant deux heures et ce n’est que le dernier fragment de 5 minutes qui est présenté aux lecteurs. Dans le film non plus nous n’avons pas d’information comment Stierlitz a appris cette nouvelle, pourtant cruciale pour l’histoire. La même conversation a été mise en scène dans le film exactement de la même manière qu’elle apparaît dans le livre mais après cette conversation Stierlitz sort sur la rue pour réfléchir et il pense qu’il vient d’apprendre que les négociations viennent de Himmler, mais nous ne savons pas pourquoi il a eu cette conclusion. Tandis que dans le livre il pense que la mission de Wolff doit être très importante parce que Schellenberg a allumé la radio quand il en a parlé pour brouiller les micros s’il y a une écoute.

Schellenberg, Himmler – ce sont eux qui envoient Wolff, donc ils sont les initiateurs de sa mission même si Himmler veut charger toute responsabilité sur les épaules de Schellenberg.

Le professeur Pleischner – c’est lui qui envoie le premier télégramme au Centre mais comme le message est codé on peut supposer que Pleischner n’est pas du tout au courant de son contenu.

Le pasteur Schlag – Stierlitz lui explique sa mission dans l’épisode six mais à cet instant il ne mentionne pas le nom de Wolff. Le pasteur entend le nom de Wolff dans ce contexte de la bouche de l’ancien ministre Krause.

L’homme d’église – grâce à l’ancien évêque de Hambourg, il est au courant de tout et il a sans doute informé le Vatican aussi.

Müller – pendant l’interrogatoire de Stierlitz il ne fait pas mention de la mission de Wolff ou de quelconque négociation pour une paix séparée. Mais plus tard il demande Stierlitz si « Bormann a un plan de sauvetage différent de celui de Himmler ». Avant de partir de chez Stierlitz il dit que Himmler mène ses négociations de paix si habilement que même Scholtz a appris de leur existence.

Bormann – il est au courant grâce à Stierlitz.

Kaltenbrunner – il l’apprend de Bormann mais il ne connait pas les détails, il fait seulement ce que Bormann lui a dit, il donne l’ordre d’arrêter Wolff.

Wolff – on ne sait pas qui le lui a dit qu’il était en train de négocier une paix séparée avec les Américains au nom de Himmler. 😉 En tout cas, il a reçu sa mission de Himmler en personne et il fait son rapport également à lui seul en lui envoyant une lettre par un parachutiste. La scène qui montrerait comment Wolff a reçu cette mission, qu’est-ce que Himmler lui a dit sur le but de sa prise de contact avec Dulles n’a pas été mis en scène.