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8. Episode 7, le 13 mars

La prochaine fois qu’on voit Katia, elle est déjà placée dans l’appartement avec deux Allemands. Barbara qui supervise son travail avec la radio et Helmut, un soldat blessé qui prend soin de son fils. Ils fêtent l’anniversaire de Barbara.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Katia avec Barbara et Helmut

Pendant le repas ils font une discussion sur la famille et le rôle de la femme dans la société. C’est Barbara qui prend la parole et expose sa position : « Enfanter et nourrir, voilà les travaux d’une femme. Le reste n’est que chimères inventées par les bourgeoisies décadentes et le régime stalinien. Les gens doivent être forts et en bonne santé. Il n’y a rien de plus pur que les instincts naturels et physiologiques. Je ne crains pas de le dire ouvertement. »

Katia reste silencieuse, c’est Helmut qui pose une question : « Que voulez-vous dire ? Aujourd’hui avec un, demain avec un autre, et après avec un troisième ? »

Barbara précise son opinion : « C’est abject. La famille est sacrée et éternelle. Mais au lit, avec mon mari, chef de la famille je peux jouir des forces de l’amour aussi bien que si c’était un deuxième ou troisième. Il faut se libérer de la pudibonderie. C’est aussi une chimère. Si mon mari et moi nous aimons comme nous le voulons, il n’y aura pas d’infidélité. Les femmes quittent leurs maris à la recherche de la force. »

Elle essaie de forcer Katia à participer à la discussion, parce qu’elle ne réagit toujours pas : « Vous n’êtes sans doute pas d’accord. »

Katia sans entrer dans la discussion dit simplement : « Je ne le suis pas. » Et Barbara la provoque en vain, elle reste silencieuse même devant la remarque piquante de Barbara : « Les femmes veulent faire belle impression. C’est une ruse vieille comme le monde. Pensez-vous vraiment que notre Helmut vous préfèrerait à moi ? Il a peur des Slaves, et puis je suis plus jeune. »

C’est Helmut qui répond avec une attitude de refus : « Je hais les femmes. » Ensuite il continue : « Les femmes sont pires que les scélérats. Avec eux, au moins, tout est clair. Mais une femme, elle minaude, et puis elle t’attrape, et après elle te trompe avec ton ami, si tu n’es plus assez fort. »

Barbara rit à gorge déployée pendant qu’elle dit : « Votre femme vous a fait cocu ! »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Barbara n’épargne pas Helmut

Helmut la regarde avec mépris quand Katia dit doucement : « Excusez-moi, je voudrais aller dans ma chambre. » Elle s’inquiète pour le bébé, elle voudrait dormir avec lui, mais Barbara reste inébranlable, selon les ordres, le bébé dort dans la chambre de Helmut. Katia essaie un dernier argument : « Je crains que monsieur ne dorme mal avec le petit. » Mais Helmut la rassure qu’il ne pleure pas.

Ce dialogue peut paraître à première vue un peu hors sujet, quel rapport avec l’histoire ? En réalité il a son importance, parce que Helmut se trouve littéralement entre deux femmes, deux caractères complètement différentes. Barbara est sans cœur, sans sentiment, elle parle presque cruellement et Katia qui ne vit que pour son bébé, qui accepte de collaborer avec eux pour sauver son fils. Helmut hait les femmes et c’est exactement durant cette conversation que naissent en lui le hait et le mépris contre Barbara et en même temps la sympathie vers Katia. Des sentiments qui seront déterminants plus tard.

Pour continuer l’analyse de ce dialogue quand Katia insiste de pouvoir dormir avec son fils, Barbara conclut ainsi : « Je regrette, mais nous avons des ordres. Essayez d’en parler avec votre chef. » A la question de Katia, Barbara lui explique que son chef est : « Le Standartenführer Stierlitz. C’est un homme bon, il peut changer les ordres si votre travail est efficace. Les uns sont motivés par l’argent, les autres par les hommes, et pour vous, la meilleur motivation, c’est votre bébé. »

Ils terminent le repas sans couper le gâteau d’anniversaire de Barbara, Helmut débarrasse la table et sort. Barbara et Katia restent seules et Katia lui demande si elle était à sa place, elle aurait collaboré pour sauver son bébé. Barbara lui donne une réponse évasive et lui demande comment elle va appeler son fils et puis elle pose des question sur Erwin, comment il s’appelait en réalité : « Il ne vous a même pas donné son nom ? Il était Erwin quand vous vous êtes mariés ? » Katia reste prudente : « Nous ne nous sommes pas mariés… Du moins, nous nous sommes mariés ici. J’ai été envoyée ici avec Erwin. A mon avis, vos espions, comme tous ceux du monde, se connaissent par leurs pseudonymes. Que je m’appelle Katia, et pas Käte, seul mon chef à Moscou le sait, et peut-être d’autres, qui étaient liés avec mon mari ici. »

Barbara estime sans doute qu’elle vient d’obtenir des informations supplémentaires de Katia parce qu’elle la laisse aller dormir, mais avant que la soirée finisse, Barbara parle d’une opération qui devrait se dérouler le lendemain à Rangsdorf : « Demain, vous devez aller à Rangsdorf. C’était votre idée, d’aller dans les endroits que fréquentait votre mari. » Katia approuve ce fait : « Oui, c’était mon idée. Nos agents pourraient me voir, cela les rassurerait. Et je ne suis pas sûre que le résident ici n’ait pas d’autre radio. Il pourrait informer Moscou de notre échec. S’il ne reçoit pas de signal indiquant que je suis en liberté, votre jeu serait réduit à néant. »

La réaction de Barbara montre que Katia est plus habile qu’elle, Barbara essayait toute la soirée de tirer des informations de Katia, elle n’en a reçu que Katia ne connaissait pas le vrai nom de son mari et finalement c’était elle qui dans sa réponse donne deux informations importantes à Katia : « Votre résident ici n’a pas de deuxième radio. Et remerciez dieu que ce soit Stierlitz qui s’occupe de vous. Il est connu pour son libéralisme et sa logique. C’est lui qui vous emmène en ville demain. Il vous l’a dit ? » Premièrement, ils savent que le résident n’a pas d’autre radio, deuxièmement le lendemain elle peut espérer de rencontrer Stierlitz et peut-être parler avec lui.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Katia « subit » un interrogatoire de la part de Barbara

Katia termine habilement la conversation : « Je ne savais pas. L’enquêteur ne m’a rien dit. Je ne lui ai parlé que de la nécessité de cette opération, mais on ne m’a pas dit qui s’en chargerait. »

Nous ne serons pas témoins de cette opération et nous ne savons même pas si Stierlitz emmènerait vraiment Katia à Rangsdorf parce que le lendemain il se rendra à la frontière suisse pour préparer la fenêtre pour le pasteur. Donc nous ne savons pas si l’opération sera séjournée ou elle se déroulera avec quelqu’un d’autre.

9. Episode 7, le 14 mars

Pendant l’absence de Stierlitz Kaltenbrunner, apprenant que les déchiffreurs n’ont toujours pas cassé le code de la radio, ordonne Müller que Rolf aille interroger Katia pour qu’elle lui donne le code. Un ordre qui ne sera exécuté qu’un jours plus tard.

10. Episode 8, le 15 mars

Stierlitz arrive dans l’appartement où Katia est détenue, il a sa propre clé. Katia essaie de lui dire quelque chose mais Stierlitz ne la laisse pas parler, il la rassure : « Bien. Continuez à tenter de capter des émissions venues de Moscou. Je reviendrai demain ou après-demain, et alors, vous serez fixée sur votre sort. Ne craignez rien, tout a été réglé avec mes chefs. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Katia essaie de dire quelque chose à Stierlitz

11. Episode 9, le 15 mars, 23h 30

Müller apprend que l’empreinte sur la valise de la radio est de Stierlitz, il ordonne que Rolf aille chez Katia mais pour une raison inconnue Rolf n’arrive chez elle que le lendemain à 7h 25. Il commence l’interrogatoire, ce serait l’heure de nourrir le bébé mais il ne laisse pas Katia de s’occuper de son fils, il veut savoir à tout prix qui est le résident russe. Katia dit qu’elle ne le connaît pas qu’elle l’a déjà dit à l’officier qui l’interrogeait. Rolf dit que les explications de Katia ne lui convenaient plus puisqu’ils ont un indice qui montre que Katia connaissait le résident.

Quand Katia dit qu’elle ne dirait rien tant qu’elle n’aurait pas nourri son enfant, Rolf essaie de la déstabiliser, il dit : « Nous vous confronterons au résident. Il a senti sa défaite, et a décidé de fuir, mais il a échoué. Il comptait sur sa voiture, mais il a eu tort. Les nôtres sont meilleures que la sienne. » Katia réfléchit sans dire un mot, elle est méfiante.

Rolf essaie d’influencer Katia en suggérant qu’aucun mal ne lui sera fait, si elle avoue qui est le résident : « Dans ce charivari, vous ne nous intéressez pas. C’est lui qui nous intéresse. Et vous nous direz tout sur lui. » Katia ne se laisse pas influencer et elle répond à voix calme : « Je n’ai rien à vous dire. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – L’interrogatoire de Katia commence

Rolf fait mention au gèle et au froid en ouvrant la porte-fenêtre de la terrasse et il passe les menottes à Katia. Katia voit dans les yeux de Rolf qu’il est sans merci. Il ordonne Helmut d’amener le bébé et il menace Katia de laisser son fils pendant quelques minutes tout nu devant la porte ouverte de la terrasse pour qu’il meure. Barbara prend part à l’interrogatoire, elle regarde avec mépris Katia mais Helmut accomplit l’ordre avec contrainte, il s’attarde d’amener le bébé. Katia essaie de persuader Rolf de ne pas faire ça mais Rolf dit : « Cela me sera difficile, je suis un être humain, pas un monstre, moi aussi, j’ai une mère, mais au nom de toutes les mères du Reich, je le ferai. Au nom des enfants du Reich, qui meurent sous les bombes, je le ferai ! » Rolf met le bébé moitié nu devant la porte, mais Katia ne dit rien, elle pleure mais elle ne dit rien.

L’interrogatoire de Katia dure des heures pendant que Stierlitz arrive à l’Office Central de Sécurité du Reich et se présente dans le bureau de Müller. Müller commence son interrogatoire très amicalement et Rolf continue celui de Katia en mettant la pression sur elle. Rolf dit : « Tu remplis ton devoir envers ton peuple, et moi envers le mien. » Il ouvre la porte-fenêtre, Katia pleure et s’évanouit.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Katia s’évanouit

Pendant que Katia reste inconsciente, le téléphone sonne, Rolf décroche, on lui demande sans doute s’il a pu obtenir une réponse de Katia parce qu’il dit : « Vous croyez que c’est si simple ? On peut échanger si vous voulez… Ils causent comme des amis ? Qu’ils viennent causer à cette amie-là, et moi, je rigolerai. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Pendant que Katia est sans connaissance Rolf et Barbara essaient de se calmer

Katia se revient à elle, Barbara lui donne à boire, Katia entend Helmut dans la chambre de bébé, il parle au fils de Katia, il le calme. Katia sourit, mais Rolf reprend immédiatement l’interrogatoire. Katia essaie de gagner du temps, elle dit qu’elle doit réfléchir, qu’elle ne sait pas quoi dire et que Rolf ne voudrait pas qu’elle mente. Rolf lui montre la photo de Stierlitz de la sorte que Barbara ne la voit pas et dit : « Je vous aiderai. Vous ne vous sentirez pas comme une renégate. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Rolf montre la photo du résident russe

Katia ne réagit absolument pas quand Rolf lui montre la photo du « résident russe », Stierlitz. Elle reste muette, mais normalement elle devrait se protester : « Qu’est-ce que vous me voulez ? C’est l’officier qui m’a interrogée ! Je ne l’ai jamais vu auparavant. Si vous avez un problème avec votre collègue que vous régliez entre vous-même, mais n’utilisez pas moi et mon fils à ça. Laissez que je m’occuppe de mon fils et réglez vos problèmes intérieurs sans moi. » Mais le fait qu’elle ne dit rien peut être interprêté qu’elle sait exactement que c’est Stierlitz le résident russe et elle ne veut pas le trahir.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Katia se tait

Rolf se fâche parce que Katia se tait toujours, il ordonne Helmut d’amener le bébé et il commence à le mettre nu, Katia cache ses yeux mais Rolf l’oblige à regarder la scène.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Rolf torture le bébé de Katia

Rolf hurle, Barbara participe à la cruauté de Rolf mais Helmut ne peut plus supporter cette situation et tue Rolf d’abord et après, Barbara.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Helmut sauve Katia et son fils

12. Episode 10, le 16 mars

Des enquêteurs de la gestapo arrivent dans l’appartement et cherchent des pistes, le cadavre de Rolf et celui de Barbara gisent toujours sur le sol. Müller fait venir deux de ses anciens collègues qui ne sont pas entrés dans la gestapo.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – La gestapo cherche des indices

L’un d’eux interroge les voisins et une vieille femme dit qu’elle a vu une femme avec un bébé et un soldat partir, ils étaient pressés et ils ont pris l’autobus 17 vers le centre de la ville. Müller reste un peu perplexe mais ordonne Bittner de tout apprendre sur Helmut. Il donne l’ordre également d’arrêter toutes les femmes avec enfant sur l’autobus. C’est une erreur de sa part puisque s’ils sont partis il y a une heure, il est inutile d’envoyer des patrouilles sur les bus, ils sont déjà sans doute descendus mais il faudrait plutôt chercher le bus dans lequel ils sont montés et parler avec le chauffeur et le receveur pour savoir où ils sont descendus.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Müller avec ses anciens collègues

L’autre erreur dans l’histoire de Katia réside dans le fait que l’appartement était surveillé, il était sous l’écoute. Pendant l’interrogatoire de Katia l’homme qui a écouté et enregistré ce qui se passait dans l’appartement a été montré plusieurs fois. Quand Rolf est arrivé le matin nous avons pu voir l’homme qui surveillait l’appartement assis dans une voiture, il a même appelé le centre pour demander l’heure exacte. Et nous ne recevons aucune explication de comment Helmut et Katia pouvaient tromper la vigilance de la gestapo et s’échapper – en autobus.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – L’appartement était sous l’écoute