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6. Episode 3, le 21 février

Müller confie le dossier du pasteur à Eismann pour qu’il vérifie le travail de Stierlitz. Ni Stierlitz, ni Schellenberg, ni le pasteur bien entendu n’étaient pas au courant de cette enquête. Müller savait qu’Eismann sympathisait avec Stierlitz, il savait et il a même demandé d’Eismann d’écrire un rapport positif du travail de Stierlitz. Il paraît que Müller voulait sa part du travail avec le pasteur.

7. Episode 4, entre le 21 et le 23 février

Wolff part pour sa mission, Schellenberg dit à Himmler que pour détourner l’attention des différents agents il faut un homme à piéger qu’ils pouvaient envoyer à Berne en même temps que Wolff et il pense au pasteur.

8. Episode 4, le 23 février

Schellenberg veut activer le pasteur par intermédiaire de Stierlitz, il lui dit qu’il veut envoyer le pasteur en Suisse pour chercher la paix. L’intention de Schellenberg n’est pas honnête avec le pasteur : « Cela serait bien que vous ayez garder des bandes de ses discussions, et que lui-même casse sa pipe lors d’un bombardement. » Nous ne savons pas si Schellenberg met au courant Stierlitz du fait qu’il ne s’agit que d’une opération pour détourner l’attention de la mission de Wolff. Schellenberg demande Stierlitz s’ils prennent les proches du pasteur en otage reviendra-t-il ? Donc Schellenberg veut faire enlever les proches du pasteur pour l’obliger de revenir, Müller veut les faire enlever pour que le pasteur, Stierlitz et Schellenberg tombent tous entre ses mains, mais Stierlitz les sauve en personne dans la nuit du 15-16 mars pour que le pasteur puisse travailler à Berne tranquillement… pour Moscou, sans le savoir.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Schellenberg a besoin du pasteur par intermédiaire de Stierlitz

9. Episode 4, le 23 février

Stierlitz dans l’Eléphant pense au pasteur, il comprend que Schellenberg voulait toujours l’utiliser comme appât : « Schellenberg veut faire du pasteur un pion à sacrifier. Dans quel jeu, Stierlitz ne le savait pas encore. Une chose est sure : le pasteur, pour Schellenberg, est un appât. Mais il n’a pas pris en compte les puissantes relations de Schlag en Suisse. » Stierlitz voulait utiliser le pasteur comme réserve de contact, pour qu’il puisse reprendre le contact avec Moscou mais il décide qu’il va lui donner un rôle beaucoup plus important.

10. Episode 4, le 23 février

Eismann écoute l’enregistrement de l’interrogatoire du pasteur que Stierlitz menait neuf jours après leur dîner au restaurant. Stierlitz voulait d’abord savoir si le pasteur lutterait contre le régime s’il n’était pas prêtre mais le pasteur trouve cette idée folle, alors Stierlitz reformule la question s’il été défroqué il lutterait contre le régime. Le pasteur dit qu’il a toujours haï la violence mais tout le monde a des limites à ce qu’il peut supporter. Quand Stierlitz demande s’il était libéré il ne voudrait sans doute pas revenir en prison, le pasteur dit avec une attitude de mépris et de refus : « Je ne voudrais jamais avoir affaire à vous. »

Mais Stierlitz pose une condition, non pas devenir informateur comme le pasteur croit mais il dit : « Voici ma condition. Je voudrais que nous conservions de bonnes relations. Des relations humaines. » Mais le pasteur est sur ses gardes : « Vous voulez m’aider personnellement ? Ou bien vous agissez par calcul ? » A cette question Stierlitz dit tout simplement qu’il agit par calcul.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – L’interrogatoire du pasteur que mène Stierlitz

Le pasteur répond à cette affirmation de manière assez naïve : « Dans ce cas je dois être certain que vous poursuivez des buts nobles. Dans le cas contraire, je ne pourrai pas dire oui. » Stierlitz ne peut dire autre que « Considérez que mes buts sont extrêmement honnêtes. » Et il explique ce qu’il demande du pasteur : « J’ai des amis dans nos organisations gouvernementales. Des scientifiques, des fonctionnaires, des journalistes, des militaires… Non, pas dans l’opposition. Ils sont fanatiquement dévoués au régime. Cela me serait intéressant, si je convaincs mes supérieurs de vous libérer, si vous pouviez discuter avec eux. Je ne vous demanderai pas de compte-rendu des discussions, même si je ne suis pas sûr qu’il n’y ait pas de micro caché, mais vous pouvez aller discuter dans les bois. J’aimerais avoir votre avis sur le degré de Mal ou de Bien que vous découvrirez chez ces personnes. Vous pourriez me rendre ce service ? »

Mais le pasteur est toujours méfiant : « Soit vous avez trop confiance en moi et me demandez une aide que nul autre ne peut vous offrir, soit vous me provoquez, alors nous allons tourner en rond et ne trouverons pas de point d’accord. Vous resterez fonctionnaire, et moi un homme qui choisit sa voie, afin de ne pas devenir un fonctionnaire. » Pour savoir si Stierlitz est franc il lui demande de regarder dans ses yeux, Stierlitz répond à sa demande puis se lève et il dit : « Considérons que nous avons échangé nos lettres de créance et que le contrat est presque signé. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le pasteur demande à Stierlitz de lui regarder dans les yeux

Nous ne savons pas quelle était l’intention initiale de Stierlitz avec le pasteur, pourquoi il lui a demandé de bavarder avec des gens pour savoir le degré du Mal ou du Bien qui habitaient en eux. On ne voit jamais le pasteur de discuter avec des gens décrits par Stierlitz et le pasteur ne fait non plus mention à cette mission quand plus tard Stierlitz lui rend visite et lui dit qu’il doit aller en Suisse.

Eismann écoute cet interrogatoire un peu particulier et il constate que le dossier du pasteur ne contient pas s’il a accepté de travailler au SD ou pas.

11. Episode 5-6, le 8 mars

Six jours après que Stierlitz a avoué au professeur Pleischner qu’il était agent soviétique, il rend visite au pasteur dans la nuit.

Quand et pourquoi Stierlitz a décidé de ne pas révéler au pasteur son véritable identité ? Parce que six jours plus tôt il l’a fait au professeur Pleischner et il l’a tout de suite regretté ? Ou parce qu’il a estimé qu’il pourrait mieux manipuler le pasteur en étant allemand qui a servi le nazisme mais aujourd’hui cherche l’issue pour les Allemands et pour l’Allemagne sans sauver le régime ? Il a peut-être estimé que le pasteur aurait plus de confiance en un Allemand qu’en un Russe.

Il lui demande qui habitait chez lui pendant quelques jours, mais le pasteur ne veut pas révéler l’identité de Klaus, il dit qu’il n’a pas dit son nom, il dit qu’il « cherchait un abri. Il allait mal, je ne pouvais pas lui dire non. » Stierlitz ne se laisse pas influencer : « C’est bien que vous me mentiez de manière aussi convaincante. Il vous a dit qu’il était marxiste. Vous avez débattu avec lui. Il n’est pas communiste, pasteur, et ne l’a jamais été. C’est mon agent. C’est un provocateur de la gestapo. » Mais le pasteur se défend qu’il lui a parlé comme à un homme, « Peu m’importe qu’il soit communiste ou agent. »

Mais Stierlitz n’est pas convaincu avec cette réponse, il veut vraiment faire peur au pasteur pour qu’il comprenne qu’il doit être plus prudent, sinon : « Et si, parce que seul l’homme abstrait vous importe, des gens très concrets sont pendus, cela vous importe ? » Le pasteur est un homme responsable, donc sa réponse aussi reflète ce sentiment : « Oui, cela m’importe. » Stierlitz renforce l’effet : « Encore plus concret : si les premiers pendus sont votre sœur et ses enfants ? Cela vous importe ? »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz met pression sur le pasteur

C’est déjà trop pour l’âme pacifiste du pasteur : « Mais vous êtes infâme ! » Stierlitz met les choses en clair en expliquant la situation exacte au pasteur : « Asseyez-vous et écoutez-moi. Votre discussion avec mon agent a été enregistrée. Non, ce n’est pas moi, c’est lui qui l’a fait… Sans la bande, que j’ai détruite, personne ne le croira. Quant à votre sœur, elle doit être arrêtée dès que vous franchirez la frontière suisse. »

Le pasteur est un homme de bonne volonté et il fait parfois preuve de naïveté : « Mais je ne compte pas franchir la frontière suisse. » Stierlitz répète donc la mission du pasteur : « Vous la franchirez. Et moi, je ferai en sorte que votre sœur soit en sécurité. »

Est-ce que l’idée de mettre la pression sur le pasteur par ses proches vient de Schellenberg ? Celui qui tient les proches du pasteur, dirige le pasteur ? En tout cas, Stierlitz les met en sécurité dans la montagne et il donne leur adresse au pasteur quand il parle avec lui à Berne.

N’oublions pas que le pasteur est un homme de cœur qui voudrait avoir confiance en ceux avec qui il est en contact, et surtout en celui pour qui il va travailler, il a même demander à Stierlitz de lui regarder dans les yeux avant d’accepter de travailler pour lui. Donc, aujourd’hui on peut comprendre qu’il se sent étonné : « Vous êtes comme un loup-garou. C’est difficile de vous faire confiance. Vous avez tant de visages. »

Et Stierlitz ne le rassure absolument pas, il est très dur avec le pasteur : « Vous n’avez pas d’autre solution que de me croire. Et vous franchirez la frontière ne serait-ce que pour sauver vos proches. » Donc le prêtre n’a pas d’autre solution que répéter les mots de Stierlitz : « Oui, j’irais là-bas pour leur sauver la vie. »

Stierlitz essaie de préparer le pasteur à sa mission par quelques question : « Vous avez de la pitié pour l’Allemagne ? » La réponse du pasteur : « J’en ai pour les Allemands. » Stierlitz continue : « Bien. Vous pensez que la paix, tout de suite, c’est une issue pour les Allemands ? » Le pasteur reste sur ses gardes, il ne veut pas s’identifier au régime : « C’est une issue pour l’Allemagne. »

Mais Stierlitz précise tout de suite : « Vous êtes un sophiste, pasteur. C’est une issue pour les Allemands, l’Allemagne, l’humanité. Nous n’avons pas peur de mourir. Nous avons vécu. Et puis nous sommes des hommes seuls et vieillissants. Mais les enfants ? » C’est donc de cette manière que Stierlitz fait comprendre au pasteur qu’il doit travailler pour les autres, même si le pasteur a l’habitude par sa profession de penser aux autres, Stierlitz tient à préciser que c’est le sort des milliers de gens qui est en jeu et pas forcément seulement ceux qui vivent en Allemagne. Le pasteur comprend la situation et dit : « Je vous écoute. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le pasteur est prêt à écouter Stierlitz

La prochaine étape de la discussion ce que Stierlitz veut franchir, c’est savoir quelles sont les relations du pasteur qui pourrait l’aider dans cette mission : « Qui pouvez-vous nommer, parmi vos anciennes relations dans le mouvement pacifiste ? » Mais le pasteur est un homme intelligent et il ne veut pas livrer ses relations : « La dictature a besoin des pacifistes ? » Stierlitz rassure le pasteur pour la première fois depuis le début de cette discussion : « Pas la dictature, mais ceux qui sont lucides sur le moment actuel, qui comprennent que tout nouveau jour de guerre, ce sont des victimes inutiles. » Et à la question du pasteur : « Hitler veut négocier ? », donne une réponse encore plus rassurante au pasteur : « Non, pas Hitler, d’autres gens. Mais cette discussion vient trop tôt. Je dois d’abord avoir des garanties que vous contacterez des gens qui vous aideront à entamer des négociations avec les Occidentaux. Qui peut vous aider ? »

Le pasteur nomme d’abord le président de la Suisse mais Stierlitz trouve que ce serait trop officiel et demande plutôt des gens d’église qui ont le poids dans le monde, le pasteur propose finalement l’ancien ministre Krause. Et le pasteur pose une question à laquelle il n’aura pas de réponse claire : « Et si on me demande qui je représente ? » La réponse de Stierlitz : « Si on vous demande qui va mener les négociations, demandez qui va les mener du côté occidental. Mais ce sera par le contact que je vous donnerai. »

Donc Stierlitz compte de mettre en contact le pasteur avec quelqu’un, mais malheureusement cette information va manquer complètement du film, nous ne saurons pas qui est ce contact, qui va organiser par exemple la rencontre du pasteur avec l’Italo-Américain.

Avant de continuer la conversation, le pasteur veut des garanties que sa sœur et ses enfants ne seront pas pendus.

Stierlitz lui rappelle qu’il l’a sorti du prison ce qui n’était pas facile, et qu’il aurait pu envoyer au camp d’extérmination avec l’enregistrement que Klaus avait réalisé. Il conclut : « Vous avez votre réponse. Votre sœur sera en sécurité tant que vous ferez ce que vous dicte votre devoir d’homme qui a pitié des Allemands. » Et quand le pasteur demande si Stierlitz le menace, il continue : « Je vous préviens. Si vous vous comportez différemment, je ne pourrai rien faire pour vous sauver, vous et votre sœur. »

Stierlitz ne comunique pas quand aura lieu cette mission et finit la conversation : « Si quelqu’un vous interroge sur notre discussion… » Le pasteur comprend tout de suite et lui coupe la parole : « Je me tairai. »

Le pasteur cherche toujours à établir un lien humain avec Stierlitz et il pose quelques questions : « Lequel de nous deux risque le plus ? » Mais Stierlitz demande ce que le pasteur pense, il répond : « Je crois que c’est vous. » Stierlitz approuve, mais le pasteur ne le lâche pas encore : « Votre désir d’apporter la paix aux Allemands est sincère ? » Stierlitz répond par oui, et le pasteur continue son interrogatoire : « Cette idée d’apporter la paix est récente pour vous ? » Stierlitz répond selon son rôle de fonctionnaire du régime hitlerien qui s’est réveillé et ne veut plus continuer à servir ce régime : « Comment dire… Difficile de vous répondre honnêtement. Et plus je serai honnête, plus je vais sembler mentir. »

Et enfin le pasteur demande : « Cette mission, quelle va-t-elle être exactement ? Je ne sais pas voler les papiers ni tirer au coin de la rue. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz explique au pasteur sa mission

Et voici la mission du pasteur : « D’abord, ce sont des choses qu’on apprend vite. Ensuite, je ne vous demande pas de savoir tirer. Ce sont vos relations qui peuvent servir. Vous direz à vos amis qu’Himmler, par intermédiaire d’un de ses hommes, monte une provocation contre l’occident. Vous leur direz que cet homme d’Himmler ne peut pas vouloir la paix. Vous leur démontrerez que c’est un provocateur, sans poids même dans le SS. Vous expliquerez que c’est stupide de négocier avec lui. Vous répéterez que c’est une folie de négocier avec le SS. Vous direz à vos amis qu’il faut négocier avec d’autres. Et vous nommerez des gens sérieux, honnêtes, courageux. Mais cela, c’est ensuite. Nous en discuterons plus tard. »