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12. Episode 6, le 10 mars

Schellenberg dit à Stierlitz qu’il aura besoin du pasteur dans 3 jours.

13. Episode 7, le 13 mars

Dans la nuit Stierlitz part en train à la frontière suisse pour préparer une fenêtre pour le pasteur parce qu’il doit passer la frontière clandestinement. Le 12 il a amené le pasteur au ministère de l’aviation, scène dont nous ne sommes pas témoins. Stierlitz repense à une conversation qui a eu lieu entre lui et Schellenberg quand il a préparé la mission du pasteur, la mission voulue par Schellenberg. Le narrateur nous introduit la scène : « Il pensait comme Schellenberg qu’envoyer le pasteur ouvertement en Suisse pouvait donner à l’affaire une publicité indésirable. Cette opération avait lieu en contournant la gestapo. Schlag, après qu’il eut fait son œuvre devait, selon Schellenberg, être découvert précisément par Stierlitz. Ces derniers jours avant le départ, Stierlitz avait préparé pour le pasteur des candidats au complot. C’était tous des gens servant fanatiquement le nazisme. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz expose à son chef la mission du pasteur

Stierlitz a sélectionné trois hommes des services de Ribbentrop et trois des services de Göring de la Luftwaffe, des diplomates et des pilotes pour compromettre leur chef. Et l’un d’eux est un homme de Bormann. Tous ces hommes ont été recrutés par la gestapo comme informateurs. Dans le jeu de Schellenberg ce sont eux qui ont soi-disant envoyé le pasteur à Berne pour chercher la paix. Mais en réalité nous ignorons pendant toute la série si Stierlitz a donné ces mêmes noms au pasteur ou il a nommé des gens qui veulent vraiment travailler pour la paix.

14. Episode 8, le 15 mars

Stierlitz et le pasteur se rendent à la frontière suisse. Dans la voiture Stierlitz dit au pasteur : « Tout peut vous arriver. Si vous faites la moindre erreur, vous vous retrouverez chez Müller sans avoir rien compris. Si cela se produit, alors sachez bien : si vous prononcez mon nom, sous la torture ou dans le délire, je suis mort et avec moi, votre sœur et vos neveux. Pour ceux qui vous ont laissé partir, ils sont avec moi. Personne ne les sauvera si vous donnez mon nom. Ce n’est pas une menace, comprenez-moi bien, c’est une réalité qu’il faut connaitre et toujours garder à l’esprit. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Vers la frontière suisse

Le pasteur passe la frontière clandestinement en ski. Stierlitz fait ses adieux par ces mots : « Je n’aime pas les grandes déclarations, pasteur. Mais le destin de l’Allemagne dépend de vous et de vos télégrammes. Et pas seulement celui de l’Allemagne. Bonne chance, pasteur. » Le pasteur répond : « Dieu vous garde. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz rassure le pasteur

Le pasteur part en ski et Stierlitz se rend compte de ce que le pasteur ne sait pas faire du ski.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le pasteur Schlag repart vers la Suisse

15. Episode 9, probablement le 16 mars

Le pasteur parle avec l’un des collaborateurs de Dulles qui ne participe pas aux négociations avec Wolff mais il en est au courant. Nous ne savons pas qui a organisé cette réunion.

L’Américain se comporte avec le pasteur comme s’il voulait le discréditer même à ses propres yeux. Il ne parle que des questions abstraites, le pasteur essaie de rendre la conversation sérieuse : « J’ai besoin d’une discussion sérieuse, et non d’une dissertation. Les gens qui ont promis de m’aider m’ont dit que vous aviez la possibilité de me mettre en contact avec ceux dont dépend le destin des millions d’Allemands. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – L’Américain ne veut pas prendre le pasteur au sérieux

L’Américain demande qui représente le pasteur mais il évite de répondre : « Désolé, mais je dois d’abord vous demander, qui êtes-vous, vous ? Je vais parler des gens qui sont restés chez Hitler. Ils sont en danger de mort. Et vous, vous êtes en sécurité, dans un pays neutre. »

Nous connaissons la mission du pasteur Schlag, la mission dont Stierlitz lui a parlé le 8 mars dans la soirée, mais il disait également qu’ils parlerons des détails (les noms) plus tard. La prochaine fois quand nous les reverrons ensemble c’est le 13 ou le 14 mars quand ils vont à la frontière suisse, mais à cet instant-là le pasteur est déjà préparé. Malheureusement nous n’avons pas assisté à leur rencontre où Stierlitz lui aurait donné les noms des personnes qui l’envoyaient à Berne. C’est dommage parce que sans cette information nous ne pouvons pas savoir si le pasteur ne veut pas donner des noms ou il ne peut pas parce qu’il ne connaît pas les noms de ces personnes.

L’Américain ne dit pas qui il est exactement, seulement qu’il est Américain, sans doute le pasteur voulait savoir quel est son rôle, sa mission, non pas seulement qu’il était Américain et Italien de naissance. Le pasteur continue : « Mes amis en Allemagne pensent, et je suis d’accord avec eux, que la capitulation des armées et l’élimination du SS sauveraient des millions de vie. Mes amis voudraient savoir avec quels représentants des alliés nous devons entrer en contact ? »

L’Américain saisie l’occasion pour préciser : « Vous voulez dire la capitulation de toutes les armées du Reich ? » Le pasteur répond par une question : « Et vous voyez une autre solution ? » L’Américain veut faire savoir que ce sont eux qui tiendront en main la direction des négociations si elles auront lieu : « Notre discussion est bien étrange. Ce sont les Allemands qui veulent ces négociations, pas nous. C’est nous qui devons avancer des exigences. Avant de discuter avec vos amis, nous devons savoir, comme disaient les anciens, qui, quand, combien, avec l’aide de qui ? Sinon, nous vous considèrerons comme un agent de la gestapo. Ou bien un homme sans réel pouvoir. Ou encore un désinformateur. »

Donc il veut des informations sans rien promettre.

Le pasteur répond sincèrement puisqu’il n’est pas un homme politique comme il dit : « Je ne connais pas tous ceux qui m’ont envoyé ici, mais l’homme qui les représente est assez puissant. » L’Américain n’insiste plus sur les noms mais il veut garder sa position dominante : « Transmettez-leur : nous ne discuterons pas tant que nous ne saurons pas qui ils représentent, quel est leur programme, notamment idéologique, les plans qu’ils ont l’intention de mettre en œuvre en Allemagne avec notre aide. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le pasteur et son interlocuteur

Le pasteur précise tout de suite : « Le programme idéologique, lui, est clair : il est basé sur l’antinazisme. » L’Américain insiste sur les détails : « D’accord, c’est la base de l’idéologie. Mais comment vos amis voient-ils l’avenir de l’Allemagne ? Vers où s’orientera-t-elle ? Quels slogans pour le peuple allemand ? Si vous ne pouvez pas répondre à la place d’eux, donnez-moi au moins votre avis. » Nous devons répéter ce que nous avons déjà écrit parce que nous sommes encore arrivés à une partie du dialogue où ce serait très important de savoir ce que le pasteur savait de sa mission. Et voilà pourquoi la scène où Stierlitz lui explique sa mission en détail avec les noms des personnes qui envoient le pasteur aurait été très important, sans cette scène nous ne savons pas si le pasteur ne veut pas donner des noms et leurs objectifs pour les protéger ou il ne sait pas qui l’ont envoyé en Suisse et il ne peut pas répondre.

En tout cas, il donne son avis : « Mon avis est très subjectif. Si vous craignez une politique communiste, vous vous trompez. L’idée de conserver, même sous une autre forme un appareil de répression qui existe déjà en Allemagne contre le peuple allemand, me semble monstrueux. »

Et c’est alors que l’Américain pose une question qui va devenir son propre piège : « D’accord, mais qui pourra alors contraindre les Allemands à l’ordre si Hitler s’en va ? Les gens d’Eglise ? Ceux des camps de concentration ? Ou bien des commandants de police bien réels qui auront décidé de rompre avec l’hitlérisme ? » Le pasteur lui rappelle : « La police est sous les ordres d’Himmler, Reichsführer-SS. » L’Américain dit seulement : « Cela, je le sais. »

Et le pasteur fait une conclusion amère : « Donc il s’agit de conserver le pouvoir du SS qui, selon vous, peuvent contraindre le peuple à l’ordre ? »

Et l’Américain tombe dans son propre piège : « Mais qui donc a fait cette proposition ? Cette question n’a été discutée nulle part. » Est-ce que la conclusion du pasteur était une déduction logique ou c’était une information reçue de Stierlitz ?

C’est le narrateur qui conclut leur discussion : « Le pasteur prit peur. Il comprit qu’il en avait dit trop. Cet Italien rusé allait lui soutirer tout ce qu’il savait des discussions entre les Américains et le SS. (Mais nous ne savons pas ce que le pasteur savait, tant que nous ne disposons pas cette information, nous ne pouvons pas mesurer la risque si le pasteur laisse s’échaper quelque chose par imprudence.) Le pasteur se savait incapable de mentir. L’Italien, collaborateur de Dulles, réfléchit longtemps avant d’écrire son rapport. Soit c’est un nul complet, pensait-il, qui ne représente personne, soit c’est un espion très malin. Il n’a pas marchandé, mais n’a rien dit non plus. Il en sait plus sur ce que nous voulons que nous sur ce dont ils sont capables. Mais ses paroles indiquent qu’ils savent quelque chose des discussions avec Wolff. »

Il aurait été très intéressant de voir Schellenberg expliquant la mission du pasteur à Stierlitz, qu’est-ce que le pasteur aurait dû faire, dire à Berne selon Schellenberg et voir ce qu’il fait en réalité.

Après cette rencontre le pasteur discute avec un homme d’église mais on ne voit pas leur rencontre seulement quand ils se disent au revoir. L’homme dit que ce n’est que quelques mois qu’il représente le Vatican. Quand il apprend que le pasteur va dîner avec l’ancien évêque de Hambourg, il dicte une dépêche par laquelle il demande l’autorisation au Vatican de révéler au pasteur les informations concernant les négociations entre Wolff et Dulles, qu’il a obtenues grâce justement à l’ancien évêque de Hambourg.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le pasteur et le représentant du Vatican se disent au revoir

La dépêche est adressée à Monseigneur Cotticelli. Il commence par décrire la situation : le général Wolff a réussi à rencontrer Dulles à Berne et leurs négociations vont bon train. Mais l’homme d’église développe sa position: « Si je conseille une deuxième fois à Dulles de ne plus rencontrer Wolff, nos amis américains peuvent avoir une fausse idée de nos motifs. »

Et il parle également de l’arrivée du pasteur Schlag dont la présence soulage la situation tendue dont la cause : « Le pasteur Schlag est venu empêcher les négociations entre Wolff et Dulles. Il est convaincu que Wolff ne cherche pas la paix mais prépare le terrain pour prolonger l’existence du régime nazi. »

Et il continue ainsi : « Je demande à être autorisé à parler ouvertement avec le pasteur Schlag. Il serait judicieux de l’informer de l’existence de ces négociations à Berne. Tant que je ne pourrai pas lui proposer de réelles preuves de notre sincérité, je ne peux pas attendre de lui une discussion ouverte, dans laquelle il nous donnerait toutes les informations sur ses amis qui l’ont envoyé d’Allemagne jusqu’ici. » Donc il considère qu’il ne peut pas attendre des informations du pasteur sans en lui donner.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le Vatican est informé de la présence du pasteur Schlag à Berne

Et pour conclure donne un argument plutôt politique qu’idéologique : « Mais, pour voir plus loin, il est très avantageux que ce soit un pasteur, le serviteur de Dieu, l’homme honnête qui a cherché la paix en risquant sa vie, mais sans se compromettre avec le nazisme. Cet exemple de courage d’un fils de dieu nous aidera, quand le peuple d’Allemagne reviendra dans le sein de notre sainte Eglise, et le pasteur Schlag, ou bien son image auréolée de gloire, aidera nos frères à apporter leurs lumières dans l’ancien royaume des ténèbres du nazisme, là, où les bolcheviques tournent leurs regards. C’est pourquoi j’ai demandé l’autorisation de faire connaître au pasteur les éléments que la sainte Eglise a pu obtenir grâce à l’aide de l’ancien évêque de Hambourg. »