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Le professeur Pleischner est un homme résigné, il vit dans la solitude, il est déçu, il a déjà été déporté dans un camp de concentration, alors il est méfiant, il ne vit que pour son travail, il est historien. Au début de l’histoire il perd son frère qui était la seule personne en qui il avait confiance. Son frère était l’ami proche et compagnon de lutte de Stierlitz. Le professeur Pleischner ne savait pas que son frère était dans la résistance allemande, c’est Stierlitz qui va le lui dire. Le professeur accepte de travailler avec Stierlitz.

Il y a une petite confusion parce qu’il y a deux professeurs Pleischner, l’historien qui va devenir le messager de Stierlitz et son frère, le médecin qui vient de mourir, et qui était l’ami proche de Stierlitz.

1. Episode 3, entre le 18 et le 20 février

L’enterrement du frère du professeur Pleischner qui était donc également professeur mais en médecine, le compagnon de Stierlitz dans la lutte antifasciste. Stierlitz assiste à l’enterrement discrètement, il ne s’approche pas de la famille. C’est lors de cet enterrement que le spectateur voit pour la première fois le professeur Pleischner, l’historien.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le professeur Pleischner à l’enterrement de son frère

2. Episode 4, le 23 février

Stierlitz se rend dans l’Eléphant et il réfléchit à sa mission, il vient de perdre ses contacts avec Moscou et il essaie de trouver quelqu’un par qui il pourrait envoyer un message aux siens. Il pense qu’il a besoin d’une personne, quelqu’un comme l’avait été le professeur, son ami. « Il faut une assurance… Quelqu’un comme l’avait été le professeur Pleischner. Mais il était mort et avec lui les liens avec les résistants allemands. Trouver un tel homme était compliqué et impossible à faire en un soir. »

3. Episode 5, entre le 23 février et le 2 mars

Stierlitz se rend à une bibliothèque sous prétexte qu’il cherche un livre rare, il est redirigé vers le professeur Pleischner. Il reconnaît Stierlitz mais nous ne savons pas d’où ils se connaissent.

Le professeur l’accueil avec ses mots : « Herr Stierlitz, mon dieu, comme cela fait longtemps. » Stierlitz dit qu’il l’a vu récemment et le professeur comprend que Stierlitz était à l’enterrement.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz et le professeur Pleischner

Stierlitz lui demande le livre rare pour lequel il est venu et pendant que le professeur le cherche, Stierlitz commence à parler pour forcer le professeur d’entrer dans la discussion : « L’art des Grecs est quand même trop humaniste et déliquescent. Les Romains sont plus fermes, ils sont plus proches de nous, les Allemands. Mussolini considère Jules César comme le premier fasciste. Les Grecs sont obsédés par l’homme, et les Romains par l’idée. Un héros est fait pour être imité. Les enfants doivent y jouer, non ? Vous ne dites rien ? Vous ne me contredisez pas ? Pourtant vous n’êtes pas d’accord. Vous n’aimez pas les torses puissants et les têtes fières et stupides. Non ? Vous avez eu des ennuis ? »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le professeur refuse de faire le débat

Le professeur se referme complètement et dit à une voix à peine audible : « Des ennuis ? Si l’on considère le camp de concentration comme un ennui. On m’a appris à ne débattre qu’avec ceux en qui on peut avoir pleine confiance. Je ne faisais confiance qu’à un homme. Mon frère. »

Stierlitz lui demande comment il peut vivre en ne faisant confiance à personne, mais le professeur hausse les épaules et dit : « Je vis. » La réaction de Stierlitz : « Je ne sais pas pourquoi mais je vous crois. »

Le sirène retentit, le professeur Pleischner commence à courir vers l’abri mais finalement il dit que c’est inutile, il ne parvient qu’à la moitié de la route, donc il reste, Stierlitz aussi.

Le professeur reprend le fil de la conversation : « Vous avez dit que vous me croyiez. Pourquoi ? » Et Stierlitz conclut ainsi : « Je ne sais pas. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – La confiance s’installe

C’est un dialogue un peu maladroit et nous avons l’impression que c’est trop rapide, inattendu. Dans le livre Stierlitz avait l’habitude de rendre visite au professeur et faire des débats avec lui déjà durant la vie de son frère, avec qui Stierlitz travaillait ensemble. Ici Stierlitz apparaît soudainement, le professeur le regarde, il réfléchit, il cherche apparemment un nom au visage de Stierlitz qui lui paraît familier. C’est tout. Il aurait fallu que Stierlitz pense dans l’Eléphant qu’il n’avait pas d’autres choix de reprendre le contact avec le professeur (il était d’ailleurs historien et il travaillait dans un musée, pas dans une bibliothèque), même s’il le considérait plutôt un homme de penser, au lieu d’être un homme d’action.

Lors de leur rencontre, le professeur aurait pu dire : « Ah, c’est vous, M. Stierlitz, quelle joie de vous revoir. Quel bon vent vous amène ? »

4. Episode 5, le 2 mars

Stierlitz se rend de nouveau chez le professeur Pleischner, ils s’installent dans son bureau, ils commencent à bavarder, Stierlitz provoque volontairement le professeur dès le début de leur conversation.

Pourtant le professeur Pleischner l’accueille chaleureusement : « Je n’aurais jamais cru que vous alliez me manquer. Je sais seulement de vous que vous étiez un ami de mon frère. Mais vous êtes quelqu’un d’intéressant. » Et le professeur lui tend une tasse de café.

Stierlitz commence par une question qui peut paraître banale mais qui va mener à une discussion qui sera décisive pour le professeur : « Vous n’avez pas froid ? » Pleischner lui répond sans se douter de l’intention de Stierlitz : « Affreusement. Mais que faire ? Tout le monde a froid à présent. » Et c’est là où Stierlitz entre dans la provocation : « Dans le bunker d’Hitler il fait très chaud. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz chez le professeur

Pleischner lui répond selon les exigences du régime : « Je m’en doute. Le führer doit vivre au chaud. Peut-on comparer nos soucis et les siens ? Nous sommes nous-mêmes, chacun pour soi. Et lui, il doit penser à tous les Allemands. » La réponse de Stierlitz déstabilise complètement le professeur : « Allons, professeur ! Ce fou dangereux a mis des millions de personnes sous les bombes, et ce salaud est à l’abri et regarde des films avec son gang. Vous n’êtes pas d’accord ? Eh bien, votre frère, mon ami était un résistant antifasciste. Il a longtemps été chef d’un groupe de résistants. Il m’aidait. Vous n’avez jamais demandé mon métier. Je suis Standartenführer SS et travaille dans les renseignements. »

Pleischner garde le rôle d’un Allemand dévoué au Führer : « Non, je ne peux pas vous croire. Mon frère ne pouvait pas être un provocateur. » La réponse de Stierlitz l’étonne à tel point qu’il reste sans voix : « Il ne l’a jamais été et je travaille vraiment pour les renseignements. Pour les renseignements soviétiques. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le professeur apprend le véritable travail de Stierlitz

Stierlitz continue: « Vous vous souvenez de l’écriture de votre frère ? » A la réponse affirmative du professeur Stierlitz lui tend la lettre que son ami lui a écrite avant de mourir : « Mon ami ! Merci pour tout. Tu m’as beaucoup appris. J’ai appris comment aimer, et comment, au nom de cet amour, haïr ceux qui amènent l’esclavage au peuple allemand. Pleischner. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – La lettre du frère du professeur, ami et compagnon de lutte de Stierlitz

Stierlitz explique la signification de la lettre : « Cela, il l’a écrit comme ça par peur de la gestapo. Ceux qui amènent l’esclavage aux Allemands, ce sont les hordes de Bolcheviques et d’Américains, n’est-ce pas ? Mais peut-être que c’est Hitler qui vous a amené l’esclavage ? Les nazis ? »

Par le narrateur nous allons connaître les sentiments de Stierlitz : « Stierlitz s’en voulu d’avoir dit cela. Et s’en voulu d’être venu voir ce vieil homme avec ses histoires. Quoique, pourquoi « mes histoires » ? pensa-t-il. C’est plus leurs histoires, celles des Allemands, donc les siennes aussi. Je fais pour eux ce qu’ils devraient faire tout seuls. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz regrette d’avoir dit au professeur qui il était

L’attitude du professeur change immédiatement : « Je comprends. Je comprends tout à présent. Vous pouvez compter sur moi. Mais j’ai déjà été en camp et dois vous prévenir, dès qu’on me fouettera le dos, je risque de ne pas résister. » Stierlitz comprend parfaitement la crainte du professeur et lui demande : « Qu’avez-vous ressenti quand je vous ai dit qui j’étais ? »

La réponse du professeur rassure Stierlitz : « Du soulagement. Un énorme soulagement. » Stierlitz se permet d’être familier avec son nouveau compagnon de lutte : « Alors nous allons préparer ensemble la bouillie, et une bonne bouillie. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le nouveau compagnon de lutte de Stierlitz

Le professeur se montre prêt à commencer le travail tout de suite : « Que dois-je faire ? » Stierlitz le prépare à être patient : « Rien. Vivre et être prêt à faire le nécessaire. » La question du professeur est légitime quand il demande : « Au nom de qui ? » Mais la réponse de Stierlitz l’étonne complètement : « De l’Allemagne. » Il ne veut pas croire mais Stierlitz précise cette pensée : « De l’Allemagne. Pas du Reich. Il y a quand même une énorme différence entre ces deux notions. » Après une petite réflexion le professeur approuve le point de vue de Stierlitz.