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5. Episode 7, le 13 mars

Le 13 mars dans la nuit le professeur Pleischner voyage à Suisse dans le même train que Stierlitz qui part à la frontière pour préparer une fenêtre pour le pasteur. La mission du professeur est présentée par le narrateur : « Ainsi, savant suédois avec un nom scandinave selon son passeport, le Professeur Pleischner allait à Berne. Il allait à Berne avec un rapport pour Moscou, sur le travail fait, la mission de Schellenberg, le lien avec Bormann et l’échec de Käte. Stierlitz y demandait aussi un contact, et indiquait comment l’établir. » Le passeport du professeur était au nom de Svedeborg, il était très nerveux quand il a été contrôlé, Stierlitz l’observait des quais et il voyait avec soulagement que les gardes-frontières trouvaient que tout était en ordre et le professeur s’est installé dans son siège quand le train s’est mis en route vers la Suisse.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le professeur « suédois » à la frontière suisse

Le 14 mars le professeur est à Berne, il remplit son premier devoir en postant un télégramme : « Hans Fock, Rue Georg VIII, Stockhom, Suède. Signature contrat aura lieu dans 3 jours hôtel Atlantique. Envoyez vos conditions cette adresse. Jürgen. » Signification : « Himmler a entamé des négociations à Berne avec Dulles, par l’intermédiaire de Wolff. Youstas. »

Après avoir posté le télégramme il se rend dans l’appartement de conspiration des agents soviétiques, un jeune homme ouvre la porte et le professeur dit le mot de passe : « Otto m’a demandé de dire qu’il attendait votre coup de fil hier. » Le jeune homme le laisse entrer et le narrateur nous informe immédiatement : « Et Pleischner entra, ce qu’il ne devait pas faire, n’ayant pas eu la réponse : “Etrange, j’étais chez moi, il se sera trompé de numéro.“ C’était déjà sa deuxième erreur. » Le professeur donne au jeune homme immédiatement le message codé caché dans une capsule qu’il tenait dans sa bouche.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le professeur croit qu’il a rempli sa mission

Pendant que le professeur s’installe dans le salon et le jeune homme donne le message à son collaborateur, le narrateur nous explique la situation : « L’air enivrant de la liberté avait joué un tour au professeur. La planque de l’agent soviétique avait été découverte par les fascistes. Ils attendaient des visites. La première fut celle de Pleischner. » Le jeune homme ordonne son collaborateur d’emporter le message à l’ambassade et d’organiser la surveillance du professeur, il dit qu’il trouve que le professeur est un dilettant et il veut essayer de lui faire parler.

L’agent de la gestapo veut apprendre qui a envoyé Pleischner, il demande comment va le chef, mais le professeur dit simplement que tout va bien. L’homme lui offre du café et lui suggère d’essayer la méthode grecque, le prendre avec de l’eau froide. Dans un moment donné il demande si le chef a donné au professeur un message oral, mais il dit qu’il n’avait que la capsule. Mais l’agent essaie toujours de savoir qui est l’homme qui a envoyé Pleischner : « Etrange, je pensais qu’il me dirait quand il arrivera. » Le professeur ne dit toujours pas le nom de Stierlitz, il fait référence à lui en utilisant le pronom personnel « il ».

L’agent se montre gentil, même intentionné, il lui demande s’il a faim, s’il a assez d’argent, parce que s’il en a besoin qu’il vienne lui en demander. Après ces quelques moments de gentillesse il reprend l’interrogatoire et demande le professeur s’il était suivi quand il venait ici, et sa proie répond joyeusement qu’il ne faisait pas attention. L’homme se montre préoccupé : « Ce n’est pas très raisonnable. », et il revient à son sujet : « Il ne vous avait pas prévenu à ce sujet ? » Pleischner même dans sa naïveté ne prononce toujours pas le nom de Stierlitz.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le professeur est interrogé par l’agent de la gestapo

Après une petite réflexion, l’agent lui demande son passeport que Pleischner lui donne tout de suite avec une observation : « Il m’a dit de le garder sur moi. » L’agent ne se laisse pas dérouter : « Il vous a dit que vous passiez sous mes ordres ? » Devant l’incrédulité du professeur il s’explique vite : « C’est dans le message que vous m’avez transmis. » L’homme veut savoir ce qu’il va faire le professeur, quel est son travail mais il répond tout gaiement qu’il va d’abord dormir deux ou trois jours et ce n’est qu’ensuite qu’il va travailler : « J’ai laissé tout mes écrits à Berlin. Mais je me souviens de tout par cœur. »

Ils fixent un rendez-vous finalement pour deux jours plus tard pour que le professeur récupère son passeport. L’agent commet une erreur dans son monologue : « Nous l’enregistrerons nous-mêmes au consulat de Suède. Ou du moins, nous essaierons. Les Suédois se comportent affreusement, surtout depuis que la situation nous est plus en plus tendue. » Cette phrase étonne le professeur mais l’homme s’explique : « Ils voient un espion nazi dans chaque passager traversant l’Allemagne. »

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le professeur est étonné par ce que l’agent lui a dit

Le professeur prend congé mais l’agent demande encore : « Vous lui avez déjà transmis que vous étiez bien arrivé ? » Le professeur ne prononce toujours pas le nom de Stierlitz, il dit un peu étonné : « Je pense que vous le ferez par l’intermédiaire de vos camarades. » L’agent essaie encore quelque chose pour savoir l’identité de l’agent soviétique qui a envoyé Pleischner : « Oui, je vais l’informer, mais faites-le aussi de votre côté. Ne tardez pas. » Il espère sans doute qu’en surveillant le professeur, ils pourront remonter jusqu’au chef du professeur. Pleischner est sincère avec l’agent : « Je voulais mais je n’ai pas pu trouver le timbre que je dois coller sur la carte postale. » L’agent s’accroche à cette possibilité inattendue et il promet de lui préparer le timbre nécessaire pour leur rendez-vous de deux jours plus tard et demande de quel type de timbre s’agit-il. La réponse de Pleischner : « La conquête du Mont Blanc. En bleu. Obligatoirement en bleu. » Et après il sera réprimé par l’agent quand il dit qu’il a laissé la carte postale dans l’hôtel : « Il ne faut rien laisser à l’hôtel. Vous êtes étranger, on pourrait fouiller votre chambre. » Le professeur se défend qu’il s’agît d’une carte banale qu’il a achetée à Berlin et qu’il a appris le texte par cœur.

L’agent de gestapo accompagne le professeur jusqu’à la porte et il demande son adresse, Pleischner lui donne bien entendu, il est descendu dans le pensionnat Virginia. Et avant de le laisser partir, l’agent prévient le professeur : « Si vous me voyez au pensionnat, ne me saluez pas. Nous ne nous connaissons pas. » Puis il lui donne son numéro de téléphone pour que le professeur l’appelle si lui arrive quelque chose d’extraordinaire. Ils se disent au revoir et le professeur n’aperçoit même pas que derrière les portes deux autres agents étaient planqués.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le professeur en sortant de l’appartement

6. Episode 9, le 16 mars

On revoit le professeur deux jours plus tard. Avant de se rendre à son rendez-vous, le professeur Pleischner visite le zoo de la ville. Il est joyeux, il est gaie. Il se réjouit de chaque instant de la vie.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le professeur Pleischner à Berne

Il se sent en sécurité quand il prend une cigarette de son étui, et après une petite réflexion il met dans la poche de sa veste celle qui contient une ampoule de cyan parce qu’il sent qu’il n’en a plus besoin. « Il était à présent toujours d’excellente humeur. Il avait accompli la mission de Stierlitz, et était prêt pour d’autres missions. La vie ne pouvait maintenant lui réserver que du bien. Parce qu’hier soir et ce matin, il avait travaillé à son nouveau livre. Il avait peu d’argent mais ne pensait pas à l’avenir. Des feuilles blanches l’attendaient sur le bureau. Cela donnait un sens à sa vie. »

La version hongroise se diffère de la française qui suit la version originale. La cause de cette différence est inconnue pour nous mais il est intéressant de la connaître : « Amikor Pleischner elindult a titkos találkahelyre ugyanolyan emelkedett hangulatban volt, mint Svájcba érkezése napján. Öröm és remény töltötte el. Stierlitz megbízatását végrehajtotta, az este minden újságot megvásárolt és logikusan gondolkodó ember lévén könnyen el tudta képzelni a jövőt. A jövőt, amely semmiben sem fog hasonlítani a jelenhez. Meggyőződése volt, hogy a fasizmus győzelme a civilizáció teljes pusztulását idézte volna elő. Most, hogy végre felszabadultan nevethetett a lapok Hitler és Göring karikatúráin, és a hadijelentésekből láthatta, hogy a nácizmus napjai meg vannak számlálva, újra biztonságban érezte a féltett civilizációt. »

La version hongroise en français: « Quand Pleischner s’est mis en route pour aller au lieu de rendez-vous secret, il était d’humeur aussi élevée qu’à son arrivée en Suisse. Il était rempli par la joie et l’espérance. Il a accompli la mission que Stierlitz lui a confiée. Le soir il a acheté tous les journaux et étant un homme d’un esprit logique, il pouvait facilement imaginer l’avenir. L’avenir qui ne ressemblera en rien au présent. Il était convaincu que la victoire du fascisme aurait causé la destruction totale de la civilisation. Maintenant qu’il pouvait enfin rire de façon libérée aux caricatures de Hitler et de Göring publiées dans des journaux et il pouvait voir par les bulletins de l’armée que les jours du nazismes étaient comptés, il sentait de nouveau en sécurité la civilisation pour laquelle il avait peur. »

Mais dans la rue des Fleurs il se souvient soudain de ce que deux jours auparavant il avait oublié de regarder la fenêtre de l’appartement avant d’entrer dans le bâtiment.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le professeur réalise qu’il avait commis une erreur fatale

Stierlitz lui disait de passer d’abord à l’autre côté de la rue et observer bien la fenêtre, s’il y a des fleurs, qu’il n’y entre pas. Les fleurs sont la signe du danger. Maintenant il cherche la fenêtre et aperçoit les fleurs.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Les fleurs comme signe de danger

Il comprend tout de suite qu’il est perdu. Il essaie de s’enfuir, de ne pas monter à l’étage mais les deux agents qui l’ont suivi jusqu’ici ne laissent pas partir et dans le bâtiment la porte par laquelle il essaie de s’enfuir est fermée.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Les deux agents de la gestapo ne laissent pas partir le professeur

En montant à l’étage il est accueilli par les agents de gestapo. Quand il comprend qu’il n’y a pas d’autre issue, il prend sa capsule de cyan et se suicide.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le professeur a fait son choix

Dans sa malaise il tombe sur la rue sous les yeux effrayés du vendeur d’oiseaux.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le corps sans vie du professeur Pleischner

7. Episode 12, le 22 mars

Stierlitz se rend à Berne et après avoir parlé avec le pasteur, il essaie de comprendre ce qui pourrait arriver au professeur Pleischner. La dernière fois qu’il l’a vu, il était dans le train en voyageant vers la Suisse. Stierlitz espérait de reprendre le contact avec Moscou à travers de Pleischner, mais dans la salle de torture en voyant son message codé dans la main de Müller, il croyait un instant que le professeur est devenu traitre. Donc il se rend dans la pension où le professeur séjournait. Là-bas il apprend que le professeur est mort.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Le réceptionniste de la pension où le professeur se logeait dit qu’il s’est jeté dans le vide

Il comprend qu’il s’est passé quelque chose de grave et il se rend dans la rue des Fleurs, il entre dans le magasin des oiseaux en prétextant chercher un fleuriste. Il entre en conversation avec le vendeur et en regardant par la vitrine il aperçoit des fleurs dans la fenêtre de l’appartement d’en face.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Les fleurs dans la fenêtre

C’est ainsi que Stierlitz apprend la mort tragique du professeur, l’homme à qui il a confié une mission importante. Il pense très fort à lui.

Image de la série de Tatiana Lioznova Les 17 moments du printemps – Stierlitz fait son deuil