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Avec l’arrivée du téléviseur, le cinéma miniaturisé est entré dans le salon des milliers des gens. C’est grâce à plusieurs inventions techniques que la télévision et la télédiffusion ont vu le jour.

Les premières inventions datent de la fin du XIXe siècle et la première télédiffusion avait eu lieu dans les années 20, il s’agissait bien entendu des essais avec des images fixes mais à partir des années 30 quelques centaines de Français pouvaient déjà profiter de leur téléviseur avec une programmation régulière quotidienne d’une heure et demie. Et après la guerre, la diffusion des émissions a été reprise avec de plus en plus de nouveautés comme une diffusion en direct d’une pièce de théâtre.

Les premiers postes de télévision n’étaient pas encore appropriés à rediffuser les grands films du cinéma puisque leur écran était si petit qu’il aurait été impossible de voir les films tournés avec un format d’image de 2,35:1 ou encore plus. Avec le temps et grâce à la demande croissante, la dimension des téléviseurs a considérablement grandi et dans les années 50 le format de l’écran s’est standardisé au ratio 4:3.

Le rôle de la télévision a été déterminé : informer, éduquer et distraire. Et pour distraire le public, rien ne vaut mieux que les films qui ont été créés directement pour ce média. Au début, le terme téléfilm n’existait pas, on utilisait plutôt le mot « dramatiques » pour décrire un film spécialement conçu pour la télévision.

Il y a des différences évidentes entre cinéma et télévision, la plus frappante est la dimension, un réalisateur de cinéma peut disposer une espace large pour faire sa composition, par contre un réalisateur de téléfilm doit se contenter d’une espace rétrécie. De plus les téléviseurs de l’époque n’étaient capables de diffuser qu’en noir et blanc tandis que dans les salles de cinéma le public était déjà émerveillé par les films en couleurs. Les premiers téléfilms étaient des adaptations des pièces de théâtre et ils étaient également tournés comme si les acteurs avaient joué au théâtre comme Les Joueurs (1950) de Claude Barma qui a utilisé un seul décor pour un film de 50 minutes :

Les Joueurs – téléfilm tourné en 1950

Quelques années plus tard un nouveau genre est né sous la devise « joindre utile à l’agréable » avec Délinquance juvénile qui essayait d’unir « informer-éduquer-divertir » avec la série Si c’était vous ? Dans la première partie de l’émission un téléfilm a été diffusé traitant un sujet qui préoccupait à l’époque la société et dans la deuxième partie une analyse a été proposée avec plusieurs experts.

Mais le public voulait surtout se divertir. L’unique chaîne de l’époque a proposé plusieurs émissions : magazines culinaires, cinématographique, jeu télévisé, programme pour enfants, messe, diffusion en direct des pièces de théâtres ou des événements sportifs.

En même temps les téléfilms connaissent également une évolution considérable. Le tournage sort du studio et La nuit d’Austerlitz est tourné au port d’Austerlitz. La particularité de ce film réside en plus dans le fait que le scénario a été écrit spécialement pour ce film par Léo Malet, auteur du personnage de Nestor Burma, mais ce n’est pas une adaptation de l’une de ses œuvres, il s’agit d’une histoire à part.

Avant la fin de la décennie une nouvelle forme de tournage a complété l’arsenal de techniques de la télévision : le tournage et diffusion en direct dont le premier exemple était Attention… Je pique !, une pièce de 45 minutes écrite par Michèle Angot et réalisée par Ange Casta tournée dans le studio de la chaîne.

La décennie a fait ses adieux avec une « superproduction » de 120 minutes diffusée le 25 décembre 1959 : Les Trois Mousquetaires, adaptation du célèbre roman de Alexandre Dumas, adapté par Claude Barma et Pierre Nivollet, réalisée par Claude Barma. Le personnage principal, d’Artagnan a été joué par le jeune Belmondo qui était à l’époque inconnu au public et qui après cette expérience fatigante n’est retourné à la télévision qu’en 2001 pour un téléfilm qui n’était pas tourné en direct.

Ainsi était le commencement de ce nouveau genre, la « dramatique ».

À suivre…